Un trimestre en progression limitée, mais des surtaxes qui pèsent sur la marge
Rémy Cointreau a publié mercredi un résultat commercial du premier trimestre dans un contexte contrasté : les ventes s’établissent à 223,2 millions d'euros, en hausse modeste de 1,1% sur un an, ou de 1,3% hors effets de change défavorables, principalement liés au dollar, selon le communiqué repris par AWP/AFP.
Si le chiffre d’affaires témoigne d’une certaine résistance, la maison mère du cognac Rémy Martin met en garde sur l’impact durable des mesures protectionnistes mises en place par les États-Unis et la Chine. Pour l’exercice 2026-2027, le groupe anticipe que ces surtaxes vont pénaliser son résultat opérationnel courant à hauteur d’environ 15 millions d'euros pour les droits américains et de 5 millions d'euros pour les mesures chinoises.
Répartition géographique et dynamique produit
La direction souligne que la dépendance du groupe au cognac — qui représente plus de 60% de l’activité — explique en partie la sensibilité aux tensions commerciales. Sur le trimestre, la division cognac a progressé de 8,1%, portée par des performances contrastées selon les zones :
- Chine : un « recul limité, comme attendu » des ventes de cognac, indique l’entreprise, qui mise aussi sur des produits adaptés à la consommation locale (culture du cocktail) pour diversifier son offre.
- Reste de l’Asie : forte dynamique commerciale, qui soutient la croissance de la division cognac.
- Amériques : malgré des déstockages au Canada, les ventes aux États-Unis affichent une solide croissance et une « bonne résilience » grâce à un rééquilibrage des flux entre grossistes et détaillants.
« recul limité, comme attendu. »
Conséquences pour le business model et les marges
Le message central est clair : la trajectoire commerciale de Rémy Cointreau reste positive à court terme, mais la rentabilité est fragilisée par des facteurs externes non liés à la demande finale. Les surtaxes ciblées pèsent directement sur le résultat opérationnel courant, sans compter les effets de change qui rognent la croissance nominale.
Pour un groupe dont l’essentiel du chiffre d’affaires est réalisé à l’export, ces annonces signent la nécessité d’une stratégie à double détente : adapter l’offre produit (diversification vers des références liées au cocktail en Chine) et maintenir une maîtrise des coûts pour compenser des charges exceptionnelles de nature géopolitique.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Ventes (T1) | 223,2 M€ |
| Croissance sur un an | +1,1% (+1,3% hors change) |
| Impact attendu droits US | ‑15 M€ sur ROC |
| Impact attendu mesures Chine | ‑5 M€ sur ROC |
| Progression division cognac | +8,1% |
À court terme, la trajectoire commerciale et l’adaptation produit permettront d’atténuer partiellement le choc. À moyen terme, la capacité du groupe à absorber des surtaxes externes dépendra de son pouvoir de fixation des prix, de l’efficacité de ses relais de croissance hors cognac en Chine et de l’évolution des tensions commerciales internationales.
Les informations proviennent du communiqué du groupe et des dépêches AWP/AFP publiées le 29 juillet 2026.