Anticiper un départ en décalé : description du cas
Un couple, tous deux âgés de 57 ans, élabore un scénario de retraite non simultanée. La conjointe prévoit une semi-retraite dès l’année prochaine — cessation partielle de son emploi de cadre public — pendant sept ans, jusqu’à son 65e anniversaire. Son salaire actuel est de 136 800 $. Le projet combine une pension de son régime de fonctionnaire et un travail à temps partiel.
Chiffres clefs : revenus attendus pendant la période transitoire
Durant la semi-retraite, les revenus sont prévus ainsi :
- Rente de régime : 81 000 $ par an.
- Revenu d'activité à temps partiel : environ 55 000 $ par an.
Après les sept années de semi-retraite, la conjointe anticipe un revenu annuel d’environ 91 000 $, composé majoritairement de sa pension privée désormais ajustée à 64 000 $, complétée par le début des rentes publiques combinées — environ 27 000 $ (rentes provinciales et fédérales citées dans l'exemple).
La situation du conjoint sans régime d’employeur
Le mari prévoit de cesser son activité à 60 ans, alors qu’il n’a pas de régime de retraite d’employeur : ses économies sont concentrées dans un compte d’épargne-retraite personnel (REER) totalisant 410 000 $. Tant que ses rentes publiques n’auront pas commencé — ici à 65 ans — il s’expose à une période sans revenu salarié.
| Personne | Age départ | Sources de revenu (pendant transition) | Montants cités |
|---|---|---|---|
| Conjointe | semi-retraite dès 58, retraite complète à 65 | Rente de régime + travail à temps partiel | 81 000 $ (rente) + 55 000 $ (partiel) → 91 000 $ après 65 ans (64 000 $ pension + ~27 000 $ rentes publiques) |
| Conjoint | 60 ans | REER puis rentes publiques à 65 ans | 410 000 $ d’actifs REER |
Conséquences financières et points d’attention
Ce scénario met en lumière trois risques et décisions à anticiper :
- Le trou de revenu entre 60 et 65 ans pour le conjoint sans régime : sans pension d'employeur, il dépendra du niveau d'épargne disponible et de la stratégie de décaissement du REER.
- L’arbitrage entre pension privée et travail partiel pour la conjointe : continuer une activité rémunérée réduit le recours à l'épargne et permet de différer certains arbitrages, mais modifie le montant des prestations publiques et privées perçues selon les règles du régime.
- L’impact immobilier : le couple prévoit de vendre une maison de 725 000 $ pour racheter une résidence de villégiature estimée à 650 000 $, opération qui influera sur leur liquidité et leur revenu disponible après la retraite complète.
Conseils pratiques
Pour sécuriser un tel projet, il convient de :
- Estimer précisément les revenus nets après impôt selon l’âge de départ et la combinaison pensions/emploi.
- Simuler plusieurs scénarios de décaissement du REER pour couvrir la période 60–65 ans, en tenant compte de l’inflation et des besoins de liquidité.
- Vérifier les règles de coordination entre rente d’employeur et rentes publiques afin d’anticiper tout effet de minoration ou de majoration.
Ce cas concret illustre la complexité des trajectoires non simultanées : elles requièrent des simulations chiffrées et une planification coordonnée pour éviter des baisses de niveau de vie imprévues. Des simulations fiscales et des rendez-vous avec un conseiller en retraite restent recommandés pour adapter ces éléments au contexte personnel et réglementaire propre au pays de résidence.