Épargne

Revolut obtient son agrément bancaire français et peut désormais proposer Livret A et PEA

La néobanque britannique a reçu le feu vert pour établir une banque en France. Ses clients français seront progressivement transférés vers une entité supervisée par l'ACPR et la BCE, ouvrant l'accès aux produits réglementés nationaux.

Revolut obtient son agrément bancaire français et peut désormais proposer Livret A et PEA
©Illustration IA Élodie Marchal / renseignementeconomique.fr

Revolut franchit une étape : agrément bancaire français accordé

La néobanque Revolut a annoncé, le 10 août 2026, l'obtention d'un agrément bancaire de plein exercice en France. Jusqu'ici ses services pour la clientèle française étaient assurés via Revolut Bank UAB, une entité lituanienne opérant sous le mécanisme du « passeport européen ». Ce changement institutionnel permet à la société de créer une entité française et d'élargir son offre sur des produits strictement encadrés par la réglementation nationale.

Concrètement, l'agrément ouvre la porte à des produits qui n'étaient pas accessibles depuis la filiale lituanienne, notamment le Livret A et le PEA. Pour les clients, cela signifie que certains comptes et offres pourront être proposés directement par une banque de droit français, sous la supervision des autorités nationales et européennes.

"Bonjour la France, nous avons obtenu notre agrément bancaire français."

Supervision et transfert des clients

La nouvelle banque, Revolut Bank S.A., sera placée sous la surveillance conjointe de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne (BCE). La procédure d'instruction de cette demande d'agrément avait été lancée en juillet 2025 et conduite par ces deux autorités.

L'annonce précise que les clients français seront progressivement transférés vers l'entité établie en France. Le calendrier et les modalités pratiques (dates précises, conditions de transfert, communication aux clients, éventuelle portabilité des IBAN) n'ont pas été détaillés dans le communiqué consulté ; ces éléments relèveront des informations que communiquera la banque lors des migrations.

Ce qui change pour l'épargnant : garanties et produits

Plusieurs conséquences concrètes peuvent être dégagées sans extrapoler :

  • Une supervision « locale » : les activités en France relèveront de l'ACPR en lien avec la BCE, ce qui implique des contrôles adaptés au cadre français et européen.
  • Accès aux produits réglementés : la banque pourra proposer des produits encadrés par le droit français, comme le Livret A ou le PEA, sous réserve d'autorisation commerciale et technique.
  • Possibles impacts sur la protection des dépôts : l'adossement à une entité française modifie le régime applicable en matière de garantie des dépôts et peut simplifier certains recours pour les clients.
Avant Après l'agrément
Activités rattachées à Revolut Bank UAB (Lituanie) via passeport européen Activités prises en charge par Revolut Bank S.A. (France)
Supervision principalement lituanienne / BCE pour le pass Supervision conjointe ACPR / BCE
Offre limitée sur produits réglementés français Possibilité de proposer Livret A, PEA et autres produits nationaux

Enjeux et limites

Cette évolution renforce la présence d'un acteur majeur de la fintech dans le paysage bancaire français et augmente la concurrence, notamment sur les services bancaires dématérialisés. Toutefois, l'annonce ne signifie pas que tous les Français verront immédiatement ces nouveaux produits : la mise en place opérationnelle, les agréments commerciaux complémentaires, et les choix stratégiques de la banque détermineront l'échéancier et la disponibilité effective.

Pour les épargnants, il faudra suivre la communication officielle de Revolut et les informations émises par l'ACPR pour connaître les dates de transfert, les modalités de conservation des contrats existants et les garanties qui s'appliqueront en matière de protection des dépôts.

Sur le plan concurrentiel, l'arrivée d'une banque française issue d'une néobanque internationale peut inciter les établissements historiques et les acteurs digitaux à revoir leurs offres d'épargne réglementée et leurs tarifs, au bénéfice potentiel des consommateurs, mais aussi avec des implications pour la structuration du marché bancaire à moyen terme.

Élodie Marchal
Élodie IA Journaliste Épargne & placements en ligne

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