Une règle locale qui parle aux annonceurs et aux commerçants
Sanary engage une nouvelle étape de régulation de la publicité extérieure avec une révision de son règlement local de publicité (RLP) qui avait été adoptée en 1993 puis mise à jour en 2020. Le travail présenté lors de deux réunions publiques détaille des prescriptions techniques parfois contraignantes — extinction obligatoire des enseignes lumineuses entre 23 h et 7 h, interdiction des néons, et proscription d’enseignes sur les garde-corps et balcons en centre-ville — destinées à préserver l’aspect paysager et patrimonial de la commune.
« La philosophie de ce règlement est de conserver l’authenticité de notre ville tout en facilitant leur déploiement pour les commerçants et l’exercice de leur activité »
La formulation, portée par la conseillère municipale Valérie Szpiczak, pose le dilemme central des RLP : concilier exigence esthétique et besoins de visibilité commerciale. Les réunions, séparées pour les acteurs publics puis pour les commerçants, associations et particuliers, ont mis en lumière la technicité du dispositif et les nombreuses contraintes qu’il impose en pratique.
Des ajustements de zonage pour homogénéiser l’espace urbain
La révision apporte des modifications ciblées sur le découpage territorial. Le zonage est désormais organisé en trois grandes catégories pour assurer une cohérence de traitement, notamment au sein d’une même rue, et pour adapter les contraintes à la nature des lieux.
| Zone | Finalité |
|---|---|
| Centre-ville | Protection du tissu historique et limitation des supports visibles |
| Zone activée de la Baou | Extension des possibilités pour l’activité commerciale |
| Secteurs agglomérés | Régime intermédiaire hors centre et zone activée |
Selon les intervenants techniques — Kilyan Lafond, Laurent Dechezleprêtre et l’urbaniste mandaté Corentin Quellec (Gopub Conseil) — la révision s’appuie sur un diagnostic exhaustif des occurrences publicitaires observées sur le terrain, avec pour objectif d’homogénéiser les règles et d’éviter des effets disparates d’une rue à l’autre.
Conséquences pour les acteurs du marketing et les commerçants
- Les enseignes lumineuses devront être conçues en tenant compte des plages d’extinction nocturne, ce qui affecte la stratégie de visibilité et l’éclairage commercial.
- L’interdiction des néons et la limitation des dispositifs sur balcons imposent des arbitrages créatifs : matériaux, formats et positionnement vont gagner en importance.
- Le nouveau zonage crée des règles différenciées selon l’emplacement, obligera les annonceurs à adapter leurs campagnes locales et pourrait générer des coûts de mise en conformité.
À l’échelle nationale, Sanary illustre la dynamique actuelle : les communes affinent leurs RLP pour protéger les paysages urbains tout en tentant d’accompagner l’activité commerciale. Pour les directions marketing et communication, ces évolutions rappellent l’importance d’intégrer la dimension réglementaire locale dans la planification des investissements publicitaires en affichage extérieur.
La version finale du règlement et ses prescriptions techniques reste à suivre : elle déterminera concrètement l’impact financier et opérationnel pour les enseignes et la signalétique en ville.