Une promesse fiscale majeure et contestée
La députée européenne de Reconquête !, Sarah Knafo, a placé la réforme de la fiscalité des revenus d’activité au cœur de son propos en présentant, le 7 septembre 2026, un ensemble de propositions visant à transformer le modèle économique et budgétaire français.
Le principe : supprimer la CSG d’activité financée par 130 milliards
Dans son livre Le Casse du siècle, l’élue avance 15 propositions et affirme pouvoir dégager 130 milliards d’euros d’économies pour compenser ses mesures phares. La plus emblématique consiste à supprimer la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus d’activité. Selon la députée, cette suppression permettrait d’augmenter les salaires d’environ 10 % et constituerait, dit-elle, « la plus forte hausse salariale de toute la Ve République ».
« C’est un début. Ce sont ces 130 milliards que j’avance pour financer la mesure majeure que je propose, celle de la suppression de la CSG d’activité »
Autres pistes évoquées
Parmi les autres orientations présentées figurent la suppression des droits de succession, la mise en place d’un système de retraite par capitalisation et la suppression des impôts de production. L’ensemble compose la feuille de route avec laquelle Sarah Knafo entend « baisser les dépenses de l’État pour pouvoir enfin baisser les impôts » et, selon elle, « rendre leur argent aux Français ».
- 15 propositions présentées dans l’ouvrage.
- 130 milliards d’euros d’économies invoqués pour financer la suppression de la CSG d’activité.
- Une hausse salariale estimée par la propositrice à ~10 % en résultante.
Conséquences et questions ouvertes
La suppression de la CSG d’activité toucherait directement le financement de la protection sociale et des recettes publiques. D’un point de vue juridique et budgétaire, la mise en œuvre soulève plusieurs questions auxquelles le propos public ne répond pas encore de manière précise : quelles dépenses seraient réduites pour atteindre les 130 milliards d’économies ? Quelles conséquences pour la solidarité intergénérationnelle, la pérennité des financements de la santé et des prestations sociales ?
L’argument selon lequel la mesure serait un « plan d’enrichissement » et non d’austérité est répété par l’autrice, qui minimise le risque d’un mouvement social. Reste que la transformation ciblée de recettes aussi structurantes que la CSG provoquera inévitablement un débat entre responsables politiques, experts budgétaires et partenaires sociaux sur la viabilité et la répartition des efforts.
Ce qu’il faut retenir
| Élément | Chiffres/description |
|---|---|
| Montant d’économies annoncé | 130 milliards d’euros |
| Nombre de propositions | 15 |
| Mesure phare | Suppression de la CSG sur les revenus d’activité (gain salarial estimé à 10 %) |
| Autres pistes | Suppression des droits de succession, retraite par capitalisation, suppression des impôts de production |
La proposition, lourde d’effets potentiels, ouvre donc un débat central pour la prochaine période politique et budgétaire : comment concilier baisse d’impôt ciblée sur le travail, maintien des recettes sociales et équilibres des dépenses publiques ? Les détails chiffrés et les scénarios d’application — indispensables pour en mesurer l’impact réel — ne figurent pas dans le résumé public des propositions. Ils seront déterminants pour évaluer la faisabilité de l’ensemble.
Julien Castel
Renseignement Économique — rubrique Impôts