Un forum record placé sous le signe de la souveraineté numérique
La troisième édition du Tunisia Global Forum (TGF) 2026, tenue le 21 juillet à Tunis, a dessiné une ambition claire : transformer la Tunisie d’un consommateur en un co-créateur technologique. L’événement a rassemblé plus de 2 600 participants venus de 38 pays, accueilli plus de 150 entreprises et startups exposantes et facilité plus de 1 020 connexions professionnelles, selon le bilan communiqué par les organisateurs.
Une mobilisation de la diaspora et des acteurs institutionnels
Organisé par l’Association des Tunisiens des Grandes Écoles (ATUGE) et la World Alliance of Tunisian Talents (WATT), le TGF s’inscrit dans le « Diaspora Month » (15 juillet–15 août), qui vise à reconnecter les compétences de l’étranger avec les besoins nationaux. L’ouverture a réuni des représentants du ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, la directrice générale de la Caisse des Dépôts et Consignations, ainsi que les ambassadeurs de l’Union européenne, de l’Allemagne et de la France, soulignant le caractère international et diplomatique du rendez‑vous.
De l’ambition politique au pragmatisme économique
Le thème du forum, « Bâtir l’avenir à l’ère de l’IA », a articulé discours de souveraineté et orientation opérationnelle : il ne s’agit pas seulement d’affirmer une volonté politique, mais de constituer des compétences, des infrastructures et des talents capables de porter une industrie locale de l’IA. Cette tonalité a été portée par des intervenants de premier plan, dont Amine Aloulou (ATUGE) et Badreddine Ouali, chairman de Vermeg et de la Fondation Tunisie pour le Développement.
"La souveraineté n’est pas un slogan mais une compétence, une infrastructure et des talents qui se construisent pas à pas"
Un focus sur l’industrialisation de l’IA
Le forum a mis l’accent sur l’accessibilité et la rapidité des outils d’IA pour accélérer des secteurs stratégiques, en alignant start‑ups, investisseurs et opérateurs publics. La commémoration du quarantième anniversaire du premier séminaire tunisien sur l’IA (1986) et du centenaire de Mokhtar Latiri a servi de fil historique pour rappeler que la question technologique en Tunisie n’est pas nouvelle, mais que son industrialisation reste à poursuivre.
Enjeux et conséquences
Pour la Tunisie, la réussite affichée du TGF ouvre plusieurs pistes concrètes : attirer des projets d’investissement, retenir ou rapatrier des talents qualifiés, et structurer une offre locale de produits et services IA. Pour les partenaires européens, la montée en capacité tunisienne pose également la question d’un accompagnement ciblé (formation, finance, infrastructures) plutôt que d’un simple transfert de technologies. Enfin, la porosité entre diaspora et écosystème national pourrait devenir un levier déterminant pour des startups tunisiennes visant les marchés internationaux.
- Participants : 2 600+
- Pays représentés : 38
- Exposants : 150+ entreprises et startups
- Connexions professionnelles générées : 1 020+
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Participants | 2 600+ |
| Pays | 38 |
| Exposants | 150+ |
| Connexions | 1 020+ |
Le Tunisia Global Forum 2026 dit donc ce que beaucoup d’acteurs réclament en filigrane : la souveraineté algorithmique et numérique se gagne sur le long terme, par des investissements dans l’écosystème, par la réinsertion des compétences de la diaspora et par des partenariats publics‑privés concertés. Reste à transformer cette rhétorique en politiques publiques et en modèles économiques viables pour que les startups tunisiennes passent de l’exposition au marché à la conquête durable.