Une hausse votée mais partiellement appliquée
La loi de finances 2026 tunisienne prévoit, dans son article 15, une revalorisation générale des salaires et des pensions. Pourtant, selon le responsable du département de la protection sociale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Hédi Dahman, l’arrêté d’application réduit notablement le périmètre des bénéficiaires.
Qui serait exclu ?
Les exclusions dénoncées concernent des groupes précis de retraités qui, d’après l’UGTT, ne verraient pas leur pension augmenter malgré le dispositif inscrit dans la loi. Sont notamment visés :
- Les bénéficiaires de pensions minimales à 260 dinars ;
- Certain·e·s allocataires de la CNSS qui résident à l’étranger ;
- Les personnes parties à la retraite à partir du 1er janvier 2026 ;
- Les titulaires d’un régime complémentaire de retraite — ce régime n’aurait pas été revalorisé depuis cinq ans.
Montant évoqué et critique syndicale
Le syndicat mentionne une revalorisation pratique d’environ 20 dinars par mois pour certains minima, un niveau qualifié d’insuffisant face à la hausse généralisée des prix et à l’érosion du pouvoir d’achat. Hédi Dahman reproche au gouvernement d’avoir dicté les instructions d’exécution sans associer les partenaires sociaux et affirme que la CNSS se contente de mettre en œuvre des décisions dont son conseil d’administration n’aurait pas débattu.
Conséquences et enjeux
Si ces exclusions sont confirmées lors de la mise en application, plusieurs conséquences sont à craindre :
- Un accroissement des inégalités entre retraités selon le montant de leur pension, leur lieu de résidence et la date de départ à la retraite ;
- Un risque de tensions sociales et de contestation syndicale, l’UGTT appelant déjà à revoir les modalités pour garantir davantage d’équité ;
- Une fragilisation du pouvoir d’achat des plus modestes alors que l’économie tunisienne est confrontée à une inflation persistante.
Points de méthode et responsabilités
Le syndicat rappelle que la CNSS a un rôle d’exécution et souligne l’absence de consultation formelle de son conseil d’administration sur le texte d’application. L’UGTT attribue la responsabilité politique des choix d’exclusion au gouvernement, qui aurait donné les instructions pratiques. Cette situation met en lumière la distinction entre la portée formelle d’une loi votée et les effets réels lors de sa mise en œuvre administrative.
| Élément | Chiffre / statut |
|---|---|
| Pension minimale citée | 260 dinars |
| Revalorisation évoquée | ~ 20 dinars/mois |
| Régime complémentaire | Non revalorisé depuis 5 ans |
| Date de départ à la retraite exclue | À partir du 1er janvier 2026 |
Prochaines étapes
L’UGTT demande une révision des modalités d’application pour inclure les catégories actuellement écartées. Le débat à venir portera sur la portée effective de la revalorisation : sera-t-elle largement distribuée comme le prévoit le texte de loi, ou encadrée par un arrêté d’exécution qui en restreint l’effet ? La question de la concertation avec les partenaires sociaux reste au cœur des revendications syndicales.
La clarification officielle du gouvernement et des organes de la CNSS, ainsi que la publication des textes d’application détaillés, permettront de vérifier l’ampleur réelle de la mesure et son impact sur les pensions les plus modestes.