The Nuclear Company a dévoilé un projet de grande ampleur dans le comté de Lewis, dans l'est du Kentucky : un campus nucléaire baptisé Prosperity One d'une capacité totale de 6,6 GW, dont la phase initiale prévoit deux réacteurs AP1000 fournis par Westinghouse. L'entreprise indique viser un début de construction en 2028.
Un projet d'infrastructure avec des enjeux locaux et nationaux
Le développement doit se faire en plusieurs étapes. Les premières activités annoncées concernent la caractérisation détaillée du site : investigations géotechniques, évaluations environnementales, plans de raccordement au réseau de transport et préparation du dossier de licence nucléaire fédérale. L'annonce souligne également la prise en compte d'enjeux opérationnels et sociétaux : transport, logement, protection de l'environnement, préparation aux situations d'urgence, et gestion de l'eau.
"J'ai neuf petits-enfants, et tous vivent dans le comté de Lewis. Je veux qu'ils aient la possibilité d'y rester. Depuis des années, le taux de chômage de notre comté figure parmi les plus élevés de l'État. Un projet d'infrastructure comme celui-ci pourrait offrir des emplois et des opportunités économiques pour des générations d'habitants de l'est du Kentucky."
Cette déclaration provient de Sam Howard, propriétaire foncier local et fondateur de Trace Creek Construction, qui est partenaire du projet aux côtés de responsables locaux. Le comté de Lewis doit par ailleurs être candidat à la désignation de « communauté prête pour le nucléaire » auprès de la Kentucky Nuclear Energy Development Authority, étape souvent requise pour accélérer certains volets administratifs et d'attraction d'investissements.
Contexte international et industriel
À l'échelle mondiale, l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) de l'OCDE note la prédominance des réacteurs chinois dans les portefeuilles de projets, avec 313 GWe en développement. En Europe, d'autres initiatives se poursuivent, par exemple la Pologne qui a signé un accord pour sa seconde centrale. Dans ce contexte, le projet Prosperity One illustre la dynamique de relance nucléaire aux États-Unis, mêlant objectifs énergétiques, sécuritaires et de revitalisation économique locale.
Impacts attendus et points de vigilance
Sur le plan économique, un campus de plusieurs gigawatts représente des dizaines d'années d'activité industrielle : construction, chaîne d'approvisionnement, maintenance et services associés. Pour les habitants du comté de Lewis — zone qui affiche un taux de chômage élevé selon les promoteurs — le projet est présenté comme source d'emplois et de retombées locales.
- Calendrier : début de construction visé en 2028 (phase initiale).
- Configuration : première phase composée de deux réacteurs AP1000.
- Étapes préliminaires : études de site, géotechnique, environnement, raccordement réseau, licence fédérale.
Les défis seront nombreux : obtenir les autorisations fédérales, sécuriser les financements, organiser le raccordement au réseau de transport, et répondre aux préoccupations environnementales et sociales locales. La réussite de ce type de projet dépend également de la capacité à intégrer les sous-traitants, la main-d'œuvre qualifiée et les fournisseurs industriels sur des délais souvent longs.
| Élément | Données communiquées |
|---|---|
| Capacité totale | 6,6 GW |
| Phase initiale | 2 réacteurs AP1000 |
| Date visée | début construction en 2028 |
Au-delà de l'impact local, ce dossier illustre la manière dont des projets nucléaires contemporains s'articulent entre objectifs industriels, impératifs de sécurité et promesses de développement économique régional. Le calendrier annoncé marque le lancement d'une longue séquence administrative et technique dont le bon déroulement déterminera si Prosperity One reste une proposition ou devient une réalité énergétique.