Un abaissement progressif de l'âge d'éligibilité pour étendre la couverture
Le projet récemment proposé à Hanoi vise à réduire progressivement l'âge à partir duquel les personnes peuvent percevoir une allocation de retraite sociale, en le fixant, dans un premier temps, à 70 ans pour certains publics. Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la loi sur l'assurance sociale de 2024 et répond à la volonté affichée d'accroître la protection des personnes âgées qui ne perçoivent ni pension ni prestation d'assurance sociale.
Concrètement, aujourd'hui, la loi garantit une allocation aux personnes de 75 ans et plus qui ne touchent aucune pension mensuelle ni prestation d'assurance sociale. Pour les ménages identifiés comme pauvres ou à faible revenu, l'âge d'éligibilité est déjà abaissé entre 70 et moins de 75 ans. Le texte proposé rendrait cette baisse progressive plus systématique et permettrait, selon le gouvernement, d'adapter le calendrier en fonction de l'évolution socio-économique et des capacités budgétaires.
Les effets déjà constatés et les objectifs à atteindre
La résolution antérieure, qui avait déjà abaissé l'âge d'éligibilité de 80 à 75 ans, a produit des effets mesurables : environ 500 000 personnes âgées ont bénéficié de la mesure, contribuant à porter à près de 42 % la proportion des personnes ayant atteint l'âge de la retraite qui perçoivent une pension, une prestation d'assurance sociale ou une allocation de retraite. Le projet s'inscrit dans l'effort pour atteindre l'objectif de la résolution n°28-NQ/TW : environ 60 % de couverture des personnes retraitées d'ici 2030.
- 500 000 : nombre estimé de bénéficiaires du passage de 80 à 75 ans.
- 42 % : part actuelle des personnes d'âge de retraite recevant une prestation.
- 60 % : objectif de couverture sociale visé pour 2030.
| Tranche d'âge | Situation actuelle | Proposition |
|---|---|---|
| ≥ 75 ans | Allocation si pas de pension | Maintien |
| 70–74 ans | Allocation pour ménages pauvres/faible revenu | Élargissement progressif |
| < 70 ans | Non éligible | Possibilité d'abaissement futur si conditions budgétaires |
Une option budgétairement encadrée et flexible
Le texte insiste sur une mise en œuvre « progressive » et conditionnée aux capacités des finances publiques. Le gouvernement se donne la possibilité, lorsque la situation économique le permettra, de soumettre à la Commission permanente de l'Assemblée nationale une nouvelle réduction en-deçà de 70 ans. Cette flexibilité vise à concilier l'élargissement de la protection sociale avec la nécessité de préserver l'équilibre des ressources de l'État.
Enjeux et conséquences
Sur le plan social, l'élargissement de l'allocation de retraite peut réduire la pauvreté des plus âgés qui n'ont pas cotisé ou dont les droits sont insuffisants. Mais l'impact budgétaire n'est pas neutre : l'extension à des tranches d'âges plus jeunes augmenterait rapidement le nombre de bénéficiaires et la dépense publique associée. Le gouvernement mise sur une montée en charge progressive pour lisser l'effort et ajuster la mesure aux équilibres macroéconomiques.
La mesure s'inscrit aussi dans un contexte de vieillissement démographique : augmenter la couverture des personnes âgées sans creuser les déficits suppose des arbitrages sur la pérennité des régimes, la fiscalité et la priorisation des aides ciblées. À court terme, l'abaissement de l'âge d'accès à 70 ans représente une manœuvre politique et sociale claire pour rapprocher la réalité de la couverture sociale des objectifs nationaux.