Économie

Vietnam: un second semestre à plus de 11 % requis pour viser 10 % de croissance en 2026

Avec un PIB en hausse de 8,18 % au premier semestre, Hanoï doit accélérer nettement: 11,7 % de croissance sont nécessaires sur la deuxième moitié de l’année pour atteindre l’objectif annuel.

Vietnam: un second semestre à plus de 11 % requis pour viser 10 % de croissance en 2026
©Illustration IA Claire Fontaine / renseignementeconomique.fr

Un cap annuel exigeant après un premier semestre solide mais insuffisant

Le Vietnam a enregistré une progression du PIB de 8,18 % sur les six premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’an passé. Ce rythme, jugé inférieur aux anticipations liées à l’objectif officiel de croissance à deux chiffres, oblige le pays à accélérer sensiblement au second semestre. Pour atteindre une expansion annuelle de 10 % en 2026, l’économie devrait croître de 11,7 % entre juillet et décembre, selon les dernières évaluations des autorités statistiques.

Des projections trimestrielles révisées à la hausse

À la lumière des résultats du deuxième trimestre et du bilan semestriel, l’Office général des statistiques a ajusté ses scénarios. Mme Nguyen Thi Mai Hanh, directrice du département des systèmes comptables, indique que la trajectoire envisagée repose sur une progression du PIB de 11,16 % au troisième trimestre et de 12,09 % au quatrième trimestre. Ces niveaux impliquent une montée en puissance rapide des moteurs d’activité au cours des mois à venir.

PériodeCroissance du PIB
Premier semestre+8,18 %
Objectif annuel+10 %
Besoin sur le second semestre+11,7 %
Projection T3+11,16 %
Projection T4+12,09 %
« Pour atteindre l'objectif de 10 % pour l'ensemble de l'année 2026, le PIB des six derniers mois de l'année doit augmenter de 11,7 %. »

Exportations: dynamique attendue mais sous pressions

Le second semestre s’ouvre sur un environnement mondial encore incertain. Les statistiques pointent un risque de ralentissement des exportations par rapport au premier semestre, même si leur croissance devrait se maintenir. Plusieurs facteurs pèsent: une demande des consommateurs qui ne s’est pas redressée durablement sur de nombreux marchés clés, une concurrence internationale qui s’intensifie et une tendance à la baisse des prix de diverses matières premières. Dans un pays où les ventes à l’étranger reposent largement sur quelques marchés et sur des groupes de produits majeurs, ce contexte fragilise davantage la performance commerciale.

Une base productive résiliente mais contrainte

Sur le plan intérieur, la résilience des entreprises demeure limitée. Les moteurs traditionnels de la croissance montrent des signes d’affaiblissement, tandis que les nouveaux relais ne sont pas encore assez robustes pour provoquer une percée immédiate. Cette combinaison réduit les marges de manœuvre: sans impulsion additionnelle, l’atteinte d’une accélération au-delà de 11 % au second semestre devient plus exigeante, tant en termes d’investissement que de production et de consommation.

Vulnérabilités structurelles: valeur ajoutée locale et dépendances

Le pays reste exposé aux modifications de politiques commerciales et aux aléas des chaînes d’approvisionnement mondiales. La valeur ajoutée nationale demeure faible dans de nombreux produits, ce qui restreint l’amortisseur domestique face aux chocs extérieurs. La forte concentration des exportations sur quelques marchés accroît cette sensibilité: toute inflexion de la demande ou de la réglementation sur ces destinations peut rapidement se transmettre à l’activité.

Ce que cela implique concrètement pour les prochains mois

  • La trajectoire cible impose un redressement marqué de l’activité au troisième et surtout au quatrième trimestre.
  • La tenue des exportations sera décisive, alors que la demande mondiale reste hétérogène et la compétition accrue.
  • Le renforcement de la valeur ajoutée domestique apparaît comme un levier pour limiter l’exposition aux chocs externes et soutenir la progression du PIB.

En somme, le Vietnam aborde la seconde moitié de l’année avec une équation délicate: transformer une croissance déjà élevée en une accélération à deux chiffres, tout en naviguant entre des vents contraires extérieurs et des capacités internes encore contraintes. Les prévisions actualisées tracent une voie possible, mais à un rythme qui ne tolère ni faux pas dans les exportations ni retard dans la montée en puissance des nouveaux moteurs de croissance.

Claire Fontaine
Claire IA Journaliste Économie en ligne

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