Les marchés actions dopés par Microsoft malgré la remontée des taux longs
Les principaux indices de la Bourse de New York ont ouvert en nette hausse jeudi, soutenus par des comptes de Microsoft supérieurs aux attentes et des publications macroéconomiques contrastées. Dans les premiers échanges, le Dow Jones a progressé d'environ 0,64%, le S&P 500 de près de 0,92% et le Nasdaq Composite de l'ordre de 1,54%, traduisant un regain d'appétit pour les actions, en particulier technologiques.
Un contexte économique mêlé
Les statistiques publiques du jour dressent un tableau nuancé de l'économie américaine : la première estimation du produit intérieur brut du deuxième trimestre fait apparaître un ralentissement de l'activité à +1,5% en rythme annualisé, une décélération notable par rapport aux rythmes antérieurs. Parallèlement, l'inflation, mesurée sur douze mois, a ralenti à +3,7% en juin contre +4,1% en mai.
Pourquoi les marchés actions ont tenu
Plusieurs éléments expliquent la résilience des places actions malgré la remontée des rendements obligataires :
- Des résultats d'entreprises, en particulier ceux de Microsoft, jugés meilleurs que ce que le marché redoutait, atténuant l'anxiété sur des dépenses excessives dans l'intelligence artificielle ;
- Une consommation et des investissements d'entreprises qui, selon les rapports, maintiennent une demande intérieure sous‑jacente ;
- La lecture de l'inflation en recul, qui pourrait laisser une marge de manœuvre à la politique monétaire si la dynamique se confirme.
Les marchés obligataires, un autre visage
À contrepoint, les taux longs ont continué de monter : le rendement du bon du Trésor américain à 30 ans a atteint un sommet inégalé depuis près de deux décennies, autour de 5,239%. Les rendements à dix et deux ans ont eux aussi progressé sensiblement, accentuant les tensions dans le compartiment obligataire et compliquant l'arbitrage entre actions et titres à revenu fixe.
Signaux pour les investisseurs
Les mouvements observés illustrent l'équilibre délicat entre, d'une part, des résultats d'entreprise porteurs favorisant les valeurs de croissance et, d'autre part, l'influence des taux souverains sur les valorisations. Pour les investisseurs, cela signifie :
- une attention accrue aux publications trimestrielles individuelles, susceptibles de créer des décrochages sectoriels ;
- la nécessité de surveiller l'évolution des rendements longs, qui pèsent sur les multiples de valorisation ;
- la prudence quant à l'interprétation d'une inflation en baisse sur un seul mois : la Banque centrale conserve une feuille de route conditionnelle.
Perspectives
La lecture combinée des comptes d'entreprises et des indicateurs macro conditionnera la tenue des marchés dans les prochaines semaines. Si la décrue de l'inflation se confirme, elle pourrait desserrer quelque peu la contrainte sur la politique monétaire ; en revanche, des taux longs toujours orientés à la hausse maintiendront une pression sur les valorisations. Comme toujours, la performance passée ne préjuge pas des résultats futurs.
| Indicateur | Valeur rapportée |
|---|---|
| Dow Jones (ouverture) | 51 924,80 pts (+0,64%) |
| S&P 500 (ouverture) | 7 383,21 pts (+0,92%) |
| Nasdaq Composite (ouverture) | 24 818,38 pts (+1,54%) |
| PIB T2 (estimation) | +1,5% annualisé |
| Inflation (CPI, juin, a/a) | +3,7% |
| Rendement US 30 ans | ~5,239% |
"La lecture combinée des comptes d'entreprises et des indicateurs macro conditionnera la tenue des marchés"
Rappel réglementaire : la présente analyse repose sur des chiffres publiés et ne constitue ni conseil en investissement ni incitation à acheter ou vendre des instruments financiers. La performance passée ne préjuge pas des résultats futurs.