Une correction qui s'étend au-delà des puces
Wall Street a clôturé en repli vendredi, la vague de vente initialement concentrée sur les titres de semi‑conducteurs s'étant rapidement muée en aversion au risque plus générale. Ce mouvement met un coup d'arrêt à une partie des gains accumulés depuis le début de l'année, en particulier pour les valeurs liées à l'essor de l'intelligence artificielle (IA).
Les acteurs du marché ont surtout sanctionné les acteurs de la chaîne d'approvisionnement des puces : l'indice Philadelphia SE Semiconductor a enregistré sa plus forte perte hebdomadaire depuis plus d'un an et reste en fort retrait depuis le 22 juin, date à laquelle il a basculé en "bear market". Sur le mois de juillet, l'indice a perdu plus de 18%, même s'il conserve un gain d'environ 65% depuis le 1er janvier, contrastant avec la progression plus modérée du S&P 500.
« C'est comme si le marché souffrait d'une fatigue des puces », a déclaré Ryan Detrick, stratège de marché en chef chez Carson Group.
La rotation a touché également les méga‑capitalisations liées à l'IA : dans le groupe souvent qualifié des "Sept Magnifiques", presque toutes ont reculé, Apple étant la seule à limiter les dégâts. Meta et Alphabet ont notamment lâché respectivement 2,7% et 3,2%.
Sur la séance, les principaux indices ont terminé en baisse :
- Dow Jones : -406,55 points (-0,77%) à 52 146,42
- S&P 500 : -76,08 points (-1,01%) à 7 457,69
- Nasdaq Composite : -361,70 points (-1,40%) à 25 520,24
| Indice | Variation | Clôture |
|---|---|---|
| Dow Jones | -0,77% | 52 146,42 |
| S&P 500 | -1,01% | 7 457,69 |
| Nasdaq | -1,40% | 25 520,24 |
Plusieurs gestionnaires ont commencé à réduire leurs expositions aux valeurs jugées les plus sensibles à un ralentissement des dépenses liées à l'IA, estimées à près d'un millier de milliards de dollars à l'échelle mondiale. Pour certains investisseurs, les gains rapides engrangés par ces titres ont créé une dynamique fragile, désormais remise en question par des prises de bénéfices et une réévaluation du risque.
Il convient de rappeler que les mouvements de marché peuvent être rapides et que la performance passée ne préjuge pas de l'avenir. La correction actuelle illustre la volatilité d'un segment devenu central dans la construction des indices ; son ampleur et sa durée dépendront de l'évolution des perspectives de dépenses en IA, des résultats d'entreprises et du climat macroéconomique global.