Un débat public sur la gouvernance de Bitcoin
La proposition technique connue sous le nom de BIP-110 alimente depuis quelques jours un débat intense sur la direction à donner à Bitcoin. Le 18 juillet 2026, Adam Back, dirigeant de Blockstream et figure respectée de l'écosystème, a pris position publiquement contre les arguments selon lesquels Satoshi Nakamoto soutiendrait ce soft fork — une assertion brandie par certains défenseurs du changement.
Ce que propose le BIP-110 et pourquoi il divise
Le BIP-110 vise à limiter temporairement la taille des données arbitraires que les mineurs peuvent inclure dans les transactions, ciblant notamment les usages tels que les inscriptions de type Ordinals. L'objectif revendiqué est de réduire la pression sur la capacité des blocs, mais la proposition est critiquée pour ses conséquences potentielles sur la neutralité et l'évolution protocolaires de Bitcoin.
Des chiffres qui éclairent le rapport de force
Sur le plan pratique, le soutien des mineurs n'est aujourd'hui pas au rendez-vous : selon les données de signaling mentionnées dans les échanges publics, seuls 0,86 % des blocs de la fenêtre de difficulté actuelle expriment un appui — très loin du seuil nécessaire d'55 % pour déclencher l'activation.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Soutien des mineurs (signaling) | 0,86 % |
| Seuil d'activation requis | 55 % |
| Cours de référence cité | 63 944 $ |
Les mots d'Adam Back et le climat des réseaux
Sur la plateforme X, Adam Back a rejeté l'idée que Satoshi soutiendrait naturellement le BIP-110 et a raillé certains promoteurs de la proposition pour leur incapacité à la financer. Dans le flux de messages, il a également mis en doute la certitude sur le sort de Nakamoto, qualifiant de spéculations les affirmations publiques à ce sujet. Un des messages cités dit notamment :
just in general, satoshi wasn't retarded. — Adam Back (@adam3us) July 18, 2026
Et, sur la même journée :
also what makes you think he's dead? unlikely, but possible, either way pure speculation… — Adam Back (@adam3us) July 18, 2026
Conséquences probables et zones d'incertitude
La prise de position de Back n'implique pas à elle seule l'arrêt du BIP-110, mais elle pèse dans un écosystème où la réputation technique des acteurs influence la perception publique et les appuis opérationnels (mineurs, développeurs, opérateurs de nœuds). À court terme, les chiffres de signaling plaident pour un probable échec d'activation si la dynamique reste identique. À moyen terme, la controverse réouvre des questions plus larges : qui tranche en dernier ressort sur les modifications du protocole, et jusqu'où la communauté accepte-t-elle des règles qui restreignent certains usages au nom de la « capacité » des blocs ?
Ce qu'il faut surveiller
- L'évolution du signaling des mineurs lors des prochaines fenêtres de difficulté ;
- Les arguments techniques détaillés publiés par les promoteurs et les opposants au BIP-110 ;
- Les réactions des opérateurs d'infrastructures (pools, fournisseurs de services) qui peuvent influer sur l'adoption effective.
Le contexte reste incertain : la gouvernance de Bitcoin repose autant sur des propriétés techniques que sur des rapports de force informels. Les déclarations d'acteurs comme Adam Back contribuent à façonner ces rapports, mais les chiffres de l'opérationnel — en l'occurrence le support des mineurs — restent le juge de paix immédiat.