Un rendez‑vous paritaire qui déterminera le pouvoir d'achat des complémentaires
Le régime de retraite complémentaire Agirc‑Arrco, auquel sont affiliés les salariés du privé, verra son conseil d'administration se réunir le 14 octobre pour trancher sur une éventuelle revalorisation des pensions à compter du 1er novembre. Cette décision intervient après une année 2025 marquée par une absence de hausse des prestations, conséquence d'un blocage des représentants patronaux au sein de l'instance paritaire.
Le mécanisme d'indexation applicable est formalisé par l'accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023 (article 4.1 et 4.2) : en principe, la valeur de service du point doit augmenter au même rythme que l'inflation hors tabac estimée pour l'année en cours, diminuée d'un facteur de soutenabilité de 0,4 point. Mais ce principe laisse une marge de manoeuvre au conseil, qui peut décider d'une revalorisation inférieure ou supérieure de 0,4 point par rapport à ce niveau théorique.
| Paramètre | Formule / marge |
|---|---|
| Indexation « théorique » | Inflation hors tabac − 0,4 point |
| Marge de décision du conseil | ± 0,4 point par rapport au niveau théorique |
| Effet maximal possible | Jusqu'à 0,8 point en dessous de l'inflation |
Pourquoi aucun ajustement n'avait été accordé en 2025
Lors de la réunion du conseil d'administration du 17 octobre 2025, les organisations patronales avaient rejeté les demandes syndicales qui proposaient une hausse de 1 % puis de 0,8 %. Le rejet a abouti à une stagnation des pensions complémentaires, alors même que les prix à la consommation avaient augmenté : en pratique, les retraités ont vu leur pouvoir d'achat diminuer par rapport à l'année précédente.
- Le calendrier à retenir : décision le 14 octobre ; éventuelle hausse applicable au 1er novembre.
- La règle d'or : indexation liée à l'inflation hors tabac, réduite de 0,4 point.
- La réalité du compromis : le conseil peut ajuster la hausse de ± 0,4 point.
Concrètement, si l'inflation hors tabac de l'année atteignait, par exemple, 3 %, la hausse « théorique » serait de 2,6 % (3 % − 0,4). Mais, en application de l'article 4.2 de l'accord, le conseil peut fixer une progression comprise entre 2,2 % et 3,0 %, ou encore décider d'une revalorisation inférieure, comme cela a été le cas l'an dernier. Aucun chiffre définitif ne peut être avancé avant la réunion de la gouvernance paritaire.
Conséquences pour les retraités et les futurs retraités
La décision du 14 octobre aura un impact direct sur le budget des retraités du privé et sur le revenu des personnes proches de la liquidation de leurs droits complémentaires. En l'absence de hausse l'an passé, beaucoup ont subi une érosion du pouvoir d'achat. Le mécanisme prévu par l'accord vise à compenser l'inflation, mais la marge de décision du conseil introduit une incertitude politique et sociale importante.
Les syndicats soutiennent la nécessité d'un rattrapage lorsque la hausse des prix réduit concrètement les ressources des retraités ; les organisations patronales invoquent, pour leur part, des impératifs de soutenabilité financière du régime. Le rendez‑vous d'octobre permettra de mesurer l'issue de ce rapport de forces.
Les bénéficiaires du régime devront suivre la communication officielle de l'Agirc‑Arrco après la réunion du 14 octobre pour connaître l'évolution effective de la valeur du point et le montant précis de la revalorisation, qui s'appliquera — si elle est décidée — au 1er novembre.