Un gel inédit qui pèse sur le pouvoir d’achat
Depuis le 1er novembre 2025, la valeur du point Agirc‑Arrco est figée à 1,4386 euro, une situation sans précédent depuis la fusion des régimes en 2019. Ce blocage concerne environ 13 à 14 millions de retraités du privé pour lesquels la retraite complémentaire représente en moyenne plus de la moitié du revenu de pension. Un an sans revalorisation a donc eu un effet tangible sur le pouvoir d’achat des ménages concernés.
Calendrier : trois dates à suivre
- 31 octobre 2026 : fin annoncée du gel de la valeur du point Agirc‑Arrco.
- 1er novembre 2026 : date possible d’application d’une revalorisation des pensions complémentaires si un accord est trouvé ; des estimations parlent d’une hausse comprise entre 1,2 % et 2 %.
- 1er septembre 2026 : entrée en vigueur de la suspension, par la LFSS 2026, de certaines dispositions de la réforme des retraites de 2023 pour les nouvelles pensions.
Au‑delà de la question de la valeur du point, la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a gelé, jusqu’au 31 décembre 2027, l’élévation de l’âge légal prévue par la réforme et l’augmentation du nombre de trimestres requis pour une pension à taux plein. Concrètement, l’âge légal est pour l’instant arrêté à 62 ans et 9 mois.
Qui est concerné et quelles implications concrètes ?
Le rendez‑vous du 1er novembre 2026 concerne surtout les retraités du secteur privé affiliés à l’Agirc‑Arrco : salariés, cadres et non‑cadres du privé qui perçoivent une part importante de leur pension via le régime complémentaire. Une revalorisation comprise entre 1,2 % et 2 % améliorerait partiellement le pouvoir d’achat, mais n’effacerait pas complètement la perte subie pendant la période de gel.
Pour un retraité dont la pension complémentaire représente 50 % du revenu total, une hausse de 1,5 % de la valeur du point revient, toutes choses égales par ailleurs, à augmenter de manière proportionnelle cette moitié de revenu ; l’effet concret dépendra du nombre de points détenus par l’assuré.
Situations particulières : carrières longues et fenêtres spécifiques
La LFSS 2026 réintroduit également des marges de manœuvre pour certains profils. Notamment, la date du 1er octobre 2026 peut jouer pour des départs anticipés « carrière longue » : elle peut constituer une fenêtre utile pour des assurés dont les droits sont déjà compatibles avec un départ avant l’âge légal fixé actuellement.
| Date | Mesure | Conséquence |
|---|---|---|
| 1er novembre 2025 | Début du gel | Valeur du point à 1,4386 € ; pas de revalorisation |
| 31 octobre 2026 | Fin prévue du gel | Possibilité d’accord entre partenaires sociaux |
| 1er novembre 2026 | Revalorisation possible | Estimation : +1,2 % à +2 % |
| 1er septembre 2026 | Suspension de la réforme 2023 pour nouvelles pensions | Âge légal fixé à 62 ans et 9 mois jusqu’au 31/12/2027 |
Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines
- Les négociations entre partenaires sociaux sur la valeur du point Agirc‑Arrco : l’accord déterminera la revalorisation effective au 1er novembre 2026.
- Les communications officielles des caisses et de l’Agirc‑Arrco sur l’impact chiffré pour chaque catégorie de retraités.
- Les décisions administratives précisant les conditions d’application pour les départs anticipés (carrières longues) autour du 1er octobre 2026.
Pour les retraités et futurs retraités, ces rendez‑vous calendaires conditionneront non seulement le niveau des pensions à court terme, mais aussi la visibilité sur les règles de départ au cours des deux prochaines années. Le résultat des négociations à l’automne 2026 et les précisions réglementaires à venir seront déterminants pour évaluer le gain réel en pouvoir d’achat après une année de gel.