La banque centrale marocaine a intensifié ses mises en garde et ses actions contre la criminalité financière liée à la numérisation des services bancaires. Lors d’un atelier national consacré au phishing et aux fraudes électroniques, organisé en partenariat avec l’Autorité nationale du renseignement financier, le directeur de la supervision bancaire a souligné que l'évolution des usages numériques a offert de nouveaux vecteurs d'attaque aux réseaux criminels.
Un risque transformé par la digitalisation
Selon les intervenants, la dématérialisation des échanges et la généralisation des moyens de paiement en ligne ont certes élargi l’accès aux services financiers, mais ont aussi entraîné une diversification des menaces. Plutôt que de s'en prendre aux infrastructures informatiques des établissements, les fraudeurs privilégient désormais des techniques d’ingénierie sociale pour obtenir des données sensibles auprès des clients.
« Évaluation mondiale des menaces liées à la fraude financière » (rapport Interpol) — pertes estimées à 442 milliards de dollars en 2025.
Une mobilisation multi‑acteurs
L'atelier a réuni des représentants d'institutions de supervision, des autorités judiciaires et sécuritaires, ainsi que des acteurs du secteur bancaire. La présence de la Direction de la supervision prudentielle de la Banque du Portugal et du président de l'Autorité nationale du renseignement financier illustre la volonté de croiser expertise et expérience internationale pour renforcer la résilience du système.
- Objectif : améliorer la coopération entre acteurs publics et privés pour prévenir et détecter les fraudes.
- Cible : techniques de phishing et autres formes d’ingénierie sociale visant les clients.
- Conséquence : appel à des procédures communes et à des dispositifs de remontée et d’analyse des incidents.
Chiffres et tendances
Pour illustrer l'ampleur du phénomène, les intervenants se sont appuyés sur des données internationales récentes. Elles mettent en évidence une hausse significative des pertes liées aux fraudes financières, conséquence du perfectionnement constant des méthodes employées par les réseaux criminels.
| Année | Perte mondiale liée à la fraude |
|---|---|
| 2025 | 442 milliards de dollars |
Enjeux pour les clients et les établissements
La bascule des attaques vers l’ingénierie sociale impose aux banques de renforcer simultanément la sécurité technique et la sensibilisation des usagers. Les établissements sont appelés à revoir leurs dispositifs de contrôle, leurs processus d’alerte et la formation des équipes chargées de la détection des fraudes. Du côté des clients, la vigilance sur les communications reçues et les pratiques de protection des données personnelles devient un élément clé de la prévention.
En conclusion, la réunion organisée par Bank Al‑Maghrib marque une étape dans la montée en puissance des réponses institutionnelles face à la cybercriminalité financière : coordination accrue, partage d'informations et adoption de standards plus stricts sont présentés comme les leviers indispensables pour limiter l'impact de ces activités illicites sur le système financier national.