Une hausse annuelle notable mais un rythme mensuel qui ralentit
Le taux d'inflation annuel au Ghana a atteint 5,3 % en juin, contre 3,7 % en mai, selon les données publiées par le Ghana Statistical Service (GSS). Il s'agit d'une troisième hausse mensuelle consécutive et du niveau le plus élevé depuis décembre 2025. Pourtant, l'indicateur mensuel tempère l'alerte : l'inflation en variation d'un mois à l'autre est retombée à 0,2 % en juin, après 1,1 % en mai, laissant entrevoir un possible apaisement à court terme.
Ce qui tire l'inflation à la hausse
La progression annuelle est principalement due aux biens non alimentaires, dont l'inflation est passée de 4,1 % en mai à 6,3 % en juin. Cette catégorie a constitué près de 68,5 % de l'inflation globale. Les secteurs les plus affectés sont le transport, le logement et l'éducation, d'après le GSS.
Alimentation et services : contributions et contrastes
Les prix des produits alimentaires ont également augmenté, avec une inflation annuelle à 3,9 % en juin contre 3,3 % le mois précédent. Ils ont représenté 31,5 % de l'inflation totale. Par ailleurs, l'inflation des services demeure élevée, à 9,4 % en juin, légèrement inférieure aux 9,9 % de mai, mais nettement supérieure à celle des biens (3,7 % en juin, contre 1,4 % auparavant).
- Inflation annuelle (juin) : 5,3 %
- Inflation mensuelle (juin) : 0,2 %
- Part des biens non alimentaires dans l'inflation totale : 68,5 %
Contexte macroéconomique et portée
Malgré cette remontée, le niveau des prix reste nettement inférieur aux 13,7 % observés en juin 2025 et se situe en deçà de l'objectif de moyen terme fixé à 8 % par la Banque du Ghana (BoG). Depuis les pics inflationnistes de 2021-2023 — provoqués par la forte dépréciation du cedi, la hausse des prix de l'énergie et des matières premières, et les perturbations des chaînes d'approvisionnement — les pressions générales sur les prix tendent globalement à s'atténuer. Toutefois, l'accélération des prix non alimentaires souligne des fragilités persistantes, notamment sur les coûts du transport et du logement.
Conséquences probables et options de politique
Pour les ménages, la hausse des prix non alimentaires pèse sur les dépenses fixes (loyer, transport, scolarité), ce qui peut réduire le pouvoir d'achat même si l'inflation alimentaire reste modérée. Pour les autorités monétaires, la Banque du Ghana se trouve dans une position délicate : le niveau annuel restant sous l'objectif de 8 % offre une marge de manœuvre, mais la persistance d'une inflation élevée des services et la reprise des non-alimentaires peuvent inciter à maintenir une vigilance sur les taux d'intérêt et la politique monétaire.
| Période | Inflation totale | Non alimentaires | Alimentation |
|---|---|---|---|
| Mai 2026 | 3,7 % | 4,1 % | 3,3 % |
| Juin 2026 | 5,3 % | 6,3 % | 3,9 % |
Au plan régional et pour les investisseurs, une inflation maîtrisée mais volatile signifie qu'il faudra suivre de près les publications mensuelles : une reprise durable des prix non alimentaires pourrait impacter les décisions d'investissement, la rentabilité des entreprises et les attentes de change. Enfin, la baisse marquée par rapport aux sommets de 2025 reste une donnée positive pour la stabilité macroéconomique du pays.
En résumé
La hausse à 5,3 % en juin reflète une tension croissante sur les prix non alimentaires, tandis que l'affaiblissement de la dynamique mensuelle (0,2 %) offre un signal d'apaisement. La Banque du Ghana garde pour l'instant un objectif de moyen terme à 8 %, mais la combinaison d'une inflation des services élevée et d'une remontée des non-alimentaires invite à la prudence.