Une imitation de média pour crédibiliser une escroquerie
Depuis plusieurs jours, des publications sponsorisées sur X et Facebook renvoient vers des pages qui imitent visuellement le site de franceinfo. Ces faux articles mettent en scène une prétendue confrontation entre la journaliste Elise Lucet et le directeur général de BNP Paribas, autour d'une plateforme d'investissement promettant des rendements de 23 % par an. Plusieurs vérifications menées par l'AFP et relayées par des médias établis confirment qu'il s'agit d'une supercherie visant à attirer des victimes vers une arnaque aux cryptomonnaies.
Le mode opératoire, déjà vu
Le procédé est classique : publicité accrocheuse sur les réseaux sociaux → article factice copiésur/frappant ressemblant à un média reconnu → incitation à cliquer et à s'inscrire sur une plateforme frauduleuse. Les fausses publicités promettent des gains rapides et exploitent la crédulité et la recherche de rendements élevés. Moins de deux mois après une campagne similaire mettant en scène François Villeroy de Galhau et Michel-Edouard Leclerc dans un faux article du Figaro, une nouvelle vague d'usurpations réapparaît.
Quand le faux se pare du sérieux des institutions
Les escrocs ne se contentent plus d'images génériques : ils usurpent des marques et des visages connus pour créer une illusion de légitimité. L'utilisation du nom et de l'image d'une journaliste d'investigation, reconnue pour ses enquêtes, vise précisément à réduire les doutes des internautes et accélérer l'inscription sur les plateformes frauduleuses.
"Immonde. Seuls les déjà riches ont le privilège de s'enrichir encore plus en faisant fructifier leur argent grâce à des plateformes de placements gérés par l'IA auxquelles eux seuls ont accès"
Ce que les internautes doivent retenir
- Vérifier systématiquement l'URL et la source : un design similaire ne garantit pas l'authenticité.
- Se méfier des promesses de rendement extraordinaires (ex. 23 % par an).
- Consulter les vérifications des agences de presse établies (AFP, grands médias) en cas de doute.
Conséquences et enjeux
Ces campagnes ont un double effet néfaste : elles dégradent la confiance dans les médias et facilitent l'escroquerie financière à grande échelle. Pour le secteur des cryptomonnaies, déjà attaqué sur le terrain de la spéculation et du blanchiment, ces opérations entretiennent un discours de défiance qui peut pousser les régulateurs à durcir encore les contrôles.
| Personnalité / Média usurpé | Support évoqué |
|---|---|
| Elise Lucet | faux article imitant franceinfo |
| François Villeroy de Galhau, Michel-Edouard Leclerc | faux article imitant Le Figaro (campagne antérieure) |
La vigilance reste la meilleure défense : signaler les publications douteuses, ne pas partager de captures ou de liens non vérifiés, et privilégier les canaux officiels des médias et des autorités. Sur le plan pénal et civil, des poursuites sont techniquement possibles mais difficiles : les opérateurs de ces sites utilisent des infrastructures transfrontalières et des moyens d'anonymisation pour éviter d'être identifiés rapidement.
En l'absence d'éléments nouveaux publiés par les médias cités ou par les autorités judiciaires, il est prudent de considérer comme highly probable que ces pages cherchent uniquement à recruter des victimes pour des plateformes frauduleuses de cryptomonnaies, conformément aux schémas déjà documentés par l'AFP.