Peu de mouvements à la hausse dans les grandes communes
Une étude du cabinet Finances et Stratégies locales (FSL), spécialisée dans l'information financière des collectivités, montre qu'au démarrage du nouveau mandat municipal les communes ont, dans l'ensemble, fait le choix de la stabilité des taux d'imposition locale. Le phénomène est particulièrement marqué parmi les villes de plus de 100 000 habitants : aucune d'entre elles n'a relevé les taux des principales taxes locales (taxe d'habitation sur les résidences secondaires et taxes foncières).
Qui a augmenté ? Quelques exceptions très visibles
La plupart des grands groupements intercommunaux ont répliqué ce même choix de modération. Certaines décisions locales détonent néanmoins. La métropole de Montpellier a validé fin avril une modification du taux intercommunal de la taxe foncière, passant de 0,16% à 5,8%, soit une majoration proclamée de 3 373%. À Nice, la variation globale des taux locaux est en forte baisse, à hauteur de -13,3%, conformément à un engagement du nouveau maire.
- Montpellier : hausse du taux intercommunal de taxe foncière de 0,16% à 5,8% (augmentation de 3 373%).
- Nice : baisse globale des taux d'imposition locale de -13,3%.
- Besançon et Clermont-Ferrand : relèvement de la cotisation foncière des entreprises (CFE) de +0,1% et +0,04% respectivement.
- Mamoudzou (40 000–100 000 habitants) : hausse de la taxe sur le foncier bâti de +95,5%, le taux reste toutefois faible en valeur absolue (17,93 points).
Contexte électoral et comparaison historique
Les auteurs de l'étude situent ces décisions dans le cadre habituel de début de mandat : lors des deux précédents renouvellements municipaux (2014 et 2020), les communes avaient déjà eu « relativement peu recours » au levier fiscal la première année du mandat. En 2026, la même retenue se retrouve, en partie expliquée par la sensibilité électorale d'une hausse d'impôts locaux à l'approche ou au moment des élections municipales.
Effets et portée nationale
La prudence majoritaire observée dans les grandes villes limite, à court terme, les tensions sur la capacité contributive des ménages et sur le pouvoir d'achat local. En revanche, les décisions prises par certains groupements — notamment Montpellier — peuvent créer des variations fortes entre territoires et impacter différemment les propriétaires et entreprises selon leur localisation. De même, des hausses ciblées de la CFE, même modestes en points, témoignent d'une recherche de recettes complémentaires par des voies autres que la taxe foncière ou la taxe d'habitation.
Qui est concerné ? Qui ne l'est pas ?
Sont principalement concernés par ces ajustements : les propriétaires soumis à la taxe foncière, les contribuables assujettis à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères selon les décisions locales, et les entreprises via la CFE dans les territoires qui l'ont relevée. À l'inverse, les résidents des grandes villes de plus de 100 000 habitants n'ont, en moyenne, pas vu leurs taux locaux augmenter au début du mandat, sauf exceptions citées.
| Collectivité | Mesure | Variation |
|---|---|---|
| Montpellier (métropole) | Taux intercommunal taxe foncière | 0,16% → 5,8% (+3 373%) |
| Nice | Taux d'imposition locale | -13,3% |
| Boucles (Besançon) | CFE | +0,1% |
| Clermont-Ferrand (métropole) | CFE | +0,04% |
| Mamoudzou | Taxe sur le foncier bâti | +95,5% (taux 17,93 pts) |
Au-delà des chiffres, l'étude invite à suivre l'évolution des politiques fiscales locales dans les prochains mois : la stabilité observée au démarrage n'exclut pas des réajustements ultérieurs en fonction des ressources, des compétences transférées et des besoins d'investissement des collectivités.