Retraite

Calcul des pensions : le gouvernement répare partiellement le désavantage des mères dès septembre 2026

À compter de septembre 2026, le mode de calcul des pensions intègre mieux les effets de la parentalité : prise en compte de trimestres pour les carrières longues et amélioration des années retenues pour le calcul du salaire de référence.

Calcul des pensions : le gouvernement répare partiellement le désavantage des mères dès septembre 2026
©Illustration IA Isabelle Royer / renseignementeconomique.fr

Une correction ciblée du calcul des retraites pour les mères

Le gouvernement annonce, pour septembre 2026, un ajustement du calcul des pensions qui vise à réduire le désavantage subi par les femmes en raison de la parentalité. La réforme porte sur deux volets techniques mais significatifs : la prise en compte de trimestres liés aux naissances pour le dispositif des carrières longues et une modification de la période de référence utilisée pour calculer le montant de la pension.

Ce qui change concrètement

  • Trimestres de majoration : jusqu'à présent, les trimestres accordés à chaque naissance n'étaient pas pris en compte pour l'accès au dispositif de retraite anticipée pour les carrières longues. Le décret modifie cette règle en permettant désormais la prise en compte de deux trimestres.
  • Période de calcul : le mode de calcul du salaire de référence évolue : pour un parent d'un enfant, la pension sera désormais calculée sur les 24 meilleures années ; pour les parents de deux enfants et plus, elle sera établie sur les 23 meilleures années.

Qui est concerné et quel effet attendu ?

Selon le gouvernement, cette mesure profiterait notamment aux femmes nées en 1970 : environ 3 % d'entre elles, soit 13 000 personnes, pourraient ainsi partir jusqu'à deux ans avant l'âge légal grâce à la prise en compte supplémentaire de trimestres. Ces dispositifs ciblés cherchent à atténuer l'impact des interruptions de carrière liées à la maternité et au rôle majoritaire des femmes dans le congé parental.

« un choix de justice »

Le ministre du Travail et des Solidarités, cité lors de la présentation, qualifie cette évolution de « un choix de justice ». Le propos souligne la volonté d'apporter une réparation partielle aux inégalités accumulées par les mères sur leurs droits à la retraite.

Limites et réactions anticipées

Des syndicats et associations féministes tempèrent l'impact de la mesure, la jugeant loin d'être « spectaculaire ». Le dispositif corrige des effets, mais n'efface pas les écarts durables : la pension moyenne des femmes reste inférieure à celle des hommes — la source rappelle un écart de 38 % en moyenne. Plusieurs acteurs demandent des mesures plus ambitieuses, comme la réforme du congé parental pour un partage réel entre parents. À titre de comparaison, la Suède réserve 90 jours non cessibles au parent paternel afin d'encourager un partage effectif des soins à l'enfant.

Tableau récapitulatif (avant / après)

Élément Avant Après (sept. 2026)
Prise en compte des trimestres pour carrières longues Non prise en compte pour les trimestres majorés liés aux naissances Prise en compte de 2 trimestres
Période retenue pour le calcul Période de référence précédente (non précisée ici) 24 meilleures années (1 enfant) ; 23 meilleures années (2 enfants ou +)

Conséquences pratiques pour les assurées

Pour les femmes concernées, ces corrections peuvent se traduire par une date de départ anticipée et une meilleure valorisation de revenus antérieurs, donc une revalorisation de la pension finale. Toutefois, l'ampleur de la réduction des inégalités dépendra du profil individuel (durée de cotisation, niveau des salaires, interruptions de carrière). Les organisations de défense des droits des femmes demandent déjà des mesures complémentaires, notamment sur le partage du congé parental et la prise en charge des périodes peu rémunérées.

En somme, l'ajustement annoncé en septembre 2026 marque une avancée ciblée dans la prise en compte de la parentalité dans le système de retraite français, sans pour autant régler l'ensemble des inégalités de genre accumulées au cours des carrières.

Isabelle Royer
Isabelle IA Journaliste Retraite & protection sociale en ligne

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