Un chiffre d'ensemble élevé, des tensions structurelles
Au terme du premier semestre 2026, le commerce extérieur vietnamien fait apparaître un paradoxe : d'un côté une dynamique d'exportations vigoureuse, de l'autre un renforcement des importations qui a inversé la balance commerciale. Selon les données nationales reprises par les autorités, la valeur totale des exportations et importations de biens s'est située à près de 550 milliards de dollars pour les six premiers mois.
Les exportations ont progressé d'environ 21 %, un rythme compatible avec la reprise de la demande mondiale et la compétitivité retrouvée de plusieurs secteurs (électronique, informatique, machines, textile, bois, agricoles). Pourtant, la balance commerciale s'est transformée en déficit, de l'ordre de 16,65 milliards de dollars, en raison d'une hausse encore plus forte des importations nécessaires à la production nationale.
Pourquoi le déficit malgré des exportations fortes ?
Cette situation traduit un double phénomène :
- une dépendance accrue aux importations de biens intermédiaires et d'équipements pour alimenter les chaînes de production domestiques,
- et une montée des exigences des marchés (traçabilité, normes environnementales) qui pousse les entreprises à se procurer des intrants spécifiques.
Pour les économistes consultés dans le bilan national, seule une montée en puissance des capacités industrielles locales — en particulier des industries de soutien — permettra de réduire cette dépendance. Autrement dit, la valeur ajoutée nationalisée des chaînes d'approvisionnement doit augmenter pour que les exportations deviennent le socle d'un cycle de croissance durable.
Ce que disent les chiffres : quelques repères
| Indicateur | Premier semestre 2026 |
|---|---|
| Valeur totale des échanges | ~550 milliards $ |
| Croissance des exportations | ~21 % |
| Solde commercial | -16,65 milliards $ (déficit) |
Conséquences et enjeux politiques
À court terme, le maintien d'une forte activité exportatrice soutient l'emploi industriel et la demande domestique. Mais à moyen terme, la persistance d'un déficit lié aux importations d'intrants pose des questions de souveraineté industrielle et de résilience aux chocs extérieurs. Les autorités font face au défi de promouvoir :
- l'investissement dans les filières d'approvisionnement locales et les industries de soutien ;
- la montée en gamme des productions nationales pour capter une plus grande part de la valeur ajoutée ;
- des politiques commerciales et industrielles qui réduisent la vulnérabilité aux ruptures de chaîne.
Le bilan du premier semestre 2026 montre ainsi que les indicateurs de volume (exportations) sont favorables, mais que la structure des échanges oblige à repenser en profondeur la stratégie productive si l'on veut transformer le succès immédiat en croissance réellement durable et autonome.