Un choix stratégique pour réduire les incertitudes d'approvisionnement
Coopérative U a officialisé il y a un an le lancement du projet Vasco, confié à l’éditeur finlandais RELEX. Objectif : remplacer progressivement les outils de prévision et de commande existants sur l’ensemble des formats du réseau (Hyper U, Super U, U Express, Utile) et fiabiliser les approvisionnements, en France et à l’export. Le déploiement concerne 1 800 points de vente et s’étale sur quatre ans.
Pourquoi ce chantier est majeur pour le pouvoir d’achat
Ce n’est pas seulement une modernisation informatique. Coopérative U met en avant la nécessité d’un outil capable de s’adapter à la diversité des pratiques métier portées par plus de 1 200 associés indépendants. Fiabiliser les prévisions et les approvisionnements est présenté comme une condition pour soutenir la dynamique commerciale du groupement — qui affiche une hausse du chiffre d’affaires hors carburant de 4 % en 2024, atteignant 26,9 milliards d’euros — et son ambition de porter sa part de marché à 15 % à l’horizon 2030.
Ce que change concrètement Vasco pour les magasins
- Les propositions de commande ne s’appuieront plus uniquement sur la vente moyenne récente (VMS) ;
- le système intègre des capacités de prévision par IA afin d’anticiper les demandes et d’ajuster les approvisionnements ;
- la solution offre des possibilités de configuration destinées à répondre à des processus métiers très variés, un élément clé pour obtenir l’adhésion des associés.
Plusieurs magasins tests sont déjà en production depuis plusieurs mois, selon les retours de salariés pilotes (managers de rayon, associés, adjoints) consultés par la presse professionnelle. Les premiers retours mêlent satisfaction et prudence, certains comparant Vasco à « l’ancien monde » des outils historiques comme Ulis.
Un contrat record pour RELEX en France
Ce contrat est le plus important jamais signé par RELEX dans la distribution française, qui équipe déjà d’autres acteurs du secteur comme Franprix et Auchan. Le calendrier de quatre ans traduit l’ampleur et la complexité du chantier : il s’agit d’harmoniser des pratiques, de former des équipes et d’ajuster les paramétrages pour chacune des enseignes et plateformes logistiques impliquées.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Points de vente concernés | 1 800 |
| Associés indépendants à convaincre | 1 200 |
| Horizon de déploiement | 4 ans |
| CA hors carburant 2024 | 26,9 milliards € |
| Objectif de part de marché | 15 % |
| Croissance 2024 | +4 % |
Conséquences attendues pour le consommateur et les magasins
Si Vasco tient ses promesses, l’effet attendu est une diminution des ruptures de stock et une meilleure adéquation entre l’offre et la demande locale, ce qui peut limiter des achats d’urgence à prix plus élevés ou des déplacements répétés. En revanche, la réussite dépendra de la qualité des données, de la formation des équipes et de la capacité du système à gérer la diversité des formats et des modèles de gouvernance coopérative.
Le chantier est aussi un test de gouvernance : convaincre plus de 1 200 associés d’adopter une même solution implique des compromis sur la configuration et l’autonomie décisionnelle des magasins. C’est un enjeu politique et opérationnel autant que technique, à l’heure où Coopérative U veut accélérer sa croissance.