Un tournant dans la politique économique cubaine
Le 18 juin, l'Assemblée nationale de Cuba a adopté 176 mesures visant à libéraliser de nombreux segments de l'économie. L'annonce officielle, faite le 29 juillet, détaille que des secteurs longtemps réservés à l'État seront désormais accessibles aux entreprises privées, transformant en profondeur le paysage économique de l'île.
Quels secteurs sont concernés ?
Parmi les activités désormais ouvertes figurent la distribution de carburant, les services pharmaceutiques et optiques, la gestion de terminaux portuaires (passagers et fret), la gestion des déchets, la production d'énergies renouvelables et l'exploitation de marinas. Sous conditions, des exploitations pétrolières et minières peuvent aussi relever du privé.
- Stations-service
- Pharmacies et services optiques
- Installations portuaires et terminaux
- Gestion des déchets et marinas
- Énergies renouvelables
- Exploitation pétrolière et minière sous conditions
Le poids des entreprises privées et les garde-fous
Les autorités indiquent que plus de 15 000 petites et moyennes entreprises existaient déjà dans le pays, un chiffre mis en perspective par leur autorisation initiale en 2021. Selon les communiqués officiels, ces acteurs privés représentaient plus de la moitié du commerce de détail en 2025, signe d'une accélération de la contribution du secteur privé à l'activité domestique.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Mesures adoptées | 176 |
| PME existantes | 15 000 |
| Part du privé dans le commerce de détail (2025) | > 50% |
Ce qui reste sous contrôle public
Malgré l'ouverture, l'État conserve des secteurs jugés essentiels : la santé publique et l'éducation restent des prérogatives publiques. Les autorités ont insisté sur le maintien de la gratuité des services hospitaliers et de la responsabilité de l'État dans les soins :
« les soins restent une 'responsabilité de l’Etat' »
Dans l'éducation, l'ouverture est limitée : seules des activités périphériques comme les structures d'accueil, les cours de langues et le soutien scolaire font l'objet d'assouplissements. Par ailleurs, les médias et les télécommunications demeurent majoritairement publics.
Conséquences et enjeux
Cette réforme élargit « de manière considérable » le terrain d'action pour les entrepreneurs, selon les médias d'État, et pourrait favoriser la modernisation des services, l'arrivée de capitaux et une diversification des offres, notamment dans le tourisme et l'énergie. Pour les acteurs étrangers, l'ouverture de ports et d'énergies renouvelables crée des opportunités, mais les conditions attachées aux secteurs stratégiques (pétrole, minerais) et le maintien d'un contrôle sur la santé et l'éducation limitent l'étendue des transferts de souveraineté économique.
Reste à observer la mise en œuvre pratique de ces mesures : la rédaction des régulations, les critères d'accès pour les investisseurs privés et la capacité administrative à gérer la transition détermineront l'impact réel sur l'emploi, les prix et l'attractivité de l'île pour les flux d'investissement.