Une exigence de résultats devenue condition de survie pour les dirigeants d’entreprises publiques
Le président ghanéen John Dramani Mahama a affirmé jeudi à Accra que les membres des conseils d’administration et les directeurs généraux des entreprises publiques ne conserveraient leur mandat que s’ils atteignent des résultats mesurables. Cette annonce, faite lors de la conférence 2026 organisée par la State Interests and Governance Authority, formalise une logique d’évaluation systématique des entités publiques.
Le critère de maintien repose sur quatre axes d’évaluation : financier, opérationnel, de gouvernance et de développement. Le chef de l’État a précisé que la persistance d’une sous-performance pourrait entraîner des « mesures correctives », jusqu’à des remplacements au sommet des conseils et des directions.
Contexte : une gouvernance en pleine réorganisation
Cette prise de position intervient après une série de mesures exécutives. Le 2 septembre, la présidence a dissous les conseils de neuf entités d’État, parmi lesquelles figurent notamment la Ghana National Petroleum Corporation, BOST Energies, Consolidated Bank Ghana et Ghana Post. Ces décisions annoncent une volonté de resserrer le contrôle et d’exiger des résultats tangibles.
- Axes d’évaluation : finances, opérations, gouvernance, développement.
- Sanctions possibles : mesures correctives, remplacements des conseils et directions.
- Exigences de méthode : transparence des achats, recrutement au mérite, protection des actifs publics.
Ce que cela signifie pour les entreprises, les salariés et les citoyens
Pour les entreprises publiques, l’introduction d’objectifs quantifiables et d’évaluations publiques promet d’augmenter la pression sur la direction opérationnelle et les administrateurs. Concrètement, les équipes de management devront rendre des comptes sur des indicateurs précis, tandis que les conseils verront leur rôle redéfini autour de la stratégie, du contrôle des risques et du suivi de la performance.
Pour les salariés, la réforme peut se traduire par une accélération des réformes d’efficacité, potentiellement accompagnée de réorganisations internes. Les mesures de redressement décidées après des évaluations défavorables pourraient impacter l’emploi ou les conditions de travail dans certaines entités.
Pour les citoyens et les usagers, l’objectif affiché est d’améliorer la qualité des services rendus et de protéger les actifs publics grâce à des pratiques plus transparentes (achats, recrutements). Le président a demandé que la State Interests and Governance Authority publie des évaluations claires et alerte rapidement la présidence en cas de non-conformité persistante, ce qui renforce la visibilité des performances dans le secteur public.
| Élément évalué | Objectif attendu |
|---|---|
| Financier | Résultats économiques et rentabilité |
| Opérationnel | Efficacité des processus et continuité de service |
| Gouvernance | Indépendance, contrôle des risques, intégrité |
| Développement | Impact sur le développement national et contribution stratégique |
Limites et tensions possibles
Le président a aussi insisté sur la nécessité de préserver la séparation des rôles : les conseils fixent l’orientation stratégique et contrôlent, tandis que la gestion quotidienne reste de la responsabilité des dirigeants exécutifs. Ce cadre est théorique ; dans la pratique, la frontière entre gouvernance et opérationnel est souvent floue et peut générer des tensions, notamment si des remplacements politiques sont perçus comme motivés par des considérations autres que la performance mesurable.
Enfin, la mise en œuvre d’évaluations objectives exige des indicateurs fiables et des méthodologies transparentes. La demande formulée par le président pour la publication d’évaluations publiques place la State Interests and Governance Authority au centre du dispositif : sa capacité à produire des rapports crédibles déterminera la crédibilité de la réforme.
Au terme de son intervention, l’exécutif a donc clairement envoyé un signal aux managers et administrateurs d’entités publiques : la tolérance pour la médiocrité diminue, et la responsabilité sera désormais évaluée publiquement selon des critères établis.