Un chantier discret mais potentiellement structurant
Un texte voté fin 2025 a réécrit les règles du cumul emploi-retraite. Au milieu de 142 pages publiées au Journal officiel, une mention est passée presque inaperçue : les activités dérogatoires, celles qui permettent de travailler tout en percevant sa pension sans plafond et sans exigence de taux plein, doivent être « redéfinies » par décret. L’entrée en vigueur est annoncée au 1er janvier 2027, mais aucun texte d’application n’a été diffusé à ce stade.
« Les activités dérogatoires [...] vont être “redéfinies” par décret »
Cette zone d’ombre réglementaire pèse sur une population croissante de retraités actifs. Selon le dernier panorama de la DREES de juillet 2025, 606 000 personnes à la retraite exerçaient une activité fin 2023, soit environ 3,5 % des 17,2 millions de retraités de droit direct.
Deux régimes coexistent aujourd’hui
À ce jour, on distingue deux voies principales :
- Cumul intégral “classique” : ouvert aux assurés ayant liquidé toutes leurs pensions et obtenu le taux plein.
- Cumul plafonné : le total pension + revenus est limité au plus élevé des deux montants suivants : la moyenne des trois derniers salaires ou 160 % du SMIC.
En 2026, le seuil de 160 % du SMIC est indiqué à environ 2 917 € bruts mensuels. À partir de ce plafond, les règles prévoient des limites au cumul pour les retraités ne remplissant pas les conditions de l’intégral.
Un troisième cas, moins visible : les activités dérogatoires
Le Code de la sécurité sociale (article L. 161-22) liste des activités dérogatoires. Les personnes retraitées qui les exercent peuvent cumuler pension et revenus sans plafond et sans condition de taux plein. C’est une exception au régime général, qui échappe aux contraintes habituelles. D’après la source, ces dérogations concernent des profils variés et ne se limitent pas à quelques professions emblématiques.
Le cœur de l’enjeu aujourd’hui : la loi du 30 décembre 2025 prévoit de « redéfinir » ces activités au 1er janvier 2027. Sans décret publié, personne ne sait précisément ce que recouvrira cette redéfinition ni si la liste actuelle sera restreinte, élargie ou réorganisée.
Ce que change (ou pourrait changer) la redéfinition
À court terme, rien ne bouge tant que le décret n’est pas paru. Néanmoins, l’incertitude juridique est réelle pour les retraités s’appuyant sur ces exceptions pour travailler sans pénalité. La redéfinition pourrait :
- Modifier la liste des activités ouvrant droit au cumul sans plafond.
- Impacter l’accès au cumul intégral pour des retraités qui n’ont pas le taux plein.
- Reconfigurer les parcours et arbitrages de fin de carrière de professions concernées.
En l’absence du décret, il est impossible d’anticiper la future cartographie. Le signal politique est toutefois explicite : les exceptions vont être revues.
Rappels pratiques sur les plafonds actuels
Pour les retraités relevant du cumul plafonné, la borne financière se calcule au plus favorable entre la moyenne des trois derniers salaires et 160 % du SMIC. À titre indicatif pour 2026, la valeur mentionnée pour 160 % du SMIC est d’environ 2 917 € bruts par mois.
| Règle | Montant/condition |
|---|---|
| Plafond de cumul (option SMIC) | 160 % du SMIC ≈ 2 917 € bruts/mois (2026) |
| Cumul intégral “classique” | Liquidation de toutes les pensions + taux plein |
| Activités dérogatoires | Sans plafond et sans taux plein (liste à redéfinir) |
Calendrier et points de vigilance
- 30 décembre 2025 : la loi prévoit la redéfinition réglementaire des activités dérogatoires.
- 1er janvier 2027 : date cible d’entrée en vigueur.
- Décret d’application : non publié à ce jour, ce qui entretient l’incertitude.
En attendant le texte, les modalités en vigueur demeurent. Les retraités concernés par ces exceptions devront surveiller la publication du décret pour mesurer l’impact concret sur leurs revenus d’activité et le maintien de leur pension.