Andrew Cuomo, ancien gouverneur de New York et récemment nommé au conseil d'administration d'OKX, a défendu le potentiel de la blockchain comme «infrastructure financière» lors d'une interview sur Fox Business le 20 juillet. Son propos place la technologie au‑delà des «jetons et des mèmes» et met en lumière la coentreprise entre OKX et la maison mère du NYSE, Intercontinental Exchange (ICE).
La blockchain : rails pour les marchés, selon Cuomo
Pour Cuomo, l'apport majeur de la crypto ne réside pas uniquement dans les monnaies ou les tokens spéculatifs, mais dans la capacité technique des registres distribués à accélérer et abaisser le coût des transactions. Il présente la technologie comme un vecteur de règlement quasi instantané et de fractionnement d'actifs via la tokenisation, rendant certains marchés plus accessibles.
«La plus grande idée fausse, c'est que la crypto a été vue comme des tokens, des mèmes... La véritable contribution de la crypto, ce n'est pas ça. C'est l'infrastructure financière, c'est la technologie qu'ils ont développée.»
Ces propos s'inscrivent dans le contexte du rapprochement annoncé entre OKX et ICE, rapprochement que Cuomo qualifie de «mariage qui aurait dû avoir lieu». Le message souligne la convergence annoncée entre finance traditionnelle et acteurs crypto, une dynamique déjà visible à travers des projets de tokenisation d'actifs et des offres institutionnelles.
Régulation : avertissement et appel au CLARITY Act
Sur la régulation, Cuomo reconnaît les dérives passées : fraudes et comportements hors cadre imputés à une supervision insuffisante. Il en appelle explicitement au Congrès américain pour adopter le CLARITY Act, avertissant que les États‑Unis risquent de prendre du retard sur d'autres juridictions plus proactives.
- Convergence : partenariat ICE–OKX vu comme catalyseur pour intégrer la technologie dans les infrastructures existantes.
- Tokenisation : possibilité pour l'investisseur de détenir des fractions d'actifs via des représentations numériques.
- Régulation : nécessité d'un cadre clair pour contenir fraudes et abus, selon Cuomo.
Ce qui est certain, ce qui relève de la spéculation
Il est factuel que Bitcoin, Ethereum et Solana sont des blockchains publiques, et que Solana est réputée pour ses vitesse élevées et frais faibles, attractifs pour des cas d'usage comme la DeFi et certains «meme coins». En revanche, l'idée que la blockchain deviendra inéluctablement «les rails du futur» reste partiellement spéculative : elle dépendra de choix réglementaires, d'interopérabilité technique, et d'une adoption réelle par les infrastructures financières établies.
| Blockchain | Caractéristique citée |
|---|---|
| Bitcoin (BTC) | Blockchain publique |
| Ethereum (ETH) | Blockchain publique |
| Solana (SOL) | Vitesse élevée, frais faibles — utilisée en DeFi et pour certains tokens |
Concrètement, la transition évoquée par Cuomo pose des questions opérationnelles : comment intégrer des registres distribués aux chambres de compensation, quelles garanties juridiques pour la propriété tokenisée, et quel niveau de supervision pour préserver les investisseurs ? Ces points conditionneront la réalité de la promesse technique.
En somme, le discours de Cuomo met l'accent sur un passage d'une logique de produits (tokens, mèmes) à une logique d'infrastructure : plausible, désirable par certains acteurs traditionnels, mais dépendant d'un cadre réglementaire et d'implémentations techniques robustes. L'appel au CLARITY Act signale surtout une lecture politique : sans règles claires, l'adoption institutionnelle pourrait stagner ou s'organiser hors du contrôle américain.