Un État allemand cible d'un ransomware exigeant 30 BTC
Le gouvernement de la ville‑État de Berlin a été la cible d'une attaque de ransomware révélée le 14 août : le groupe Rhysida, actif depuis 2023, a exigé une rançon ouverte sous forme de 30 Bitcoin (enchères) et a menacé de mettre en vente les fichiers dérobés sur le dark web. Berlin a refusé de céder au chantage ; l'ultimatum s'est terminé le 4 septembre et Rhysida a publié 5,7 téraoctets de données.
Montants et impact financier
Au moment des faits, le Bitcoin s'échangeait aux alentours de 79 902 $, ce qui positionnait l'enchère d'origine à environ 2,4 millions de dollars. La chancellerie du Sénat de Berlin évalue pour sa part la demande à près de 2 millions d'euros. La hausse récente du cours (+24,4 % sur le mois) a mécaniquement augmenté la valeur en monnaie fiduciaire de la demande durant l'ultimatum, même si la hausse du jour n'était que de 0,46 %.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Rançon demandée | 30 BTC |
| Prix du BTC (approx.) | 79 902 $ |
| Equivalent estimé | ≈ 2,4 M$ / ≈ 2 M€ (estimation du Sénat) |
| Données publiées | 5,7 To |
Choix politique : ne pas payer
Florian Hauer, responsable du numérique de la ville, a clairement indiqué la position de l'exécutif local.
« L'État de Berlin ne cédera pas au chantage. La sécurité du personnel et de la population de Berlin est notre priorité absolue. »Concrètement, au moment de la révélation des faits, Berlin a isolé deux départements du réseau informatique : le développement urbain et le logement, ainsi que la mobilité, les transports et l'environnement. Cela a perturbé des services tels que le versement des allocations logement et l'aide aux familles jusqu'à remise en service.
Un signal dans la tendance cryptocriminelle
Le cas berlinois illustre des dynamiques plus larges déjà observées : selon les éléments publiés, les paiements de rançon enregistrés on‑chain ont diminué d'environ 8 % en 2025, tandis que le nombre d'attaques déclarées a augmenté de 50 %. Autrement dit, les assaillants ne renoncent pas, mais les victimes publiques ou privées semblent de plus en plus réticentes à verser des montants convertibles en cryptoactifs.
- Contrainte technique : la publication de 5,7 To sur le dark web rend la fuite et la diffusion des données difficiles à contenir.
- Coût réel : l'impact indirect (services interrompus, restauration, enquêtes) dépasse souvent le montant demandé initialement.
- Signal politique : le refus de payer vise à décourager les demandes futures, mais n'empêche pas la divulgation.
Conséquences pour les administrations et pour les acteurs crypto
Ce dossier pose plusieurs questions pratiques et stratégiques : comment sécuriser des infrastructures critiques face à des groupes spécialisés, comment gérer la communication publique après une fuite massive de données, et dans quelle mesure les mouvements de prix du Bitcoin peuvent-ils influencer l'économie des rançons ? Les autorités locales ont choisi le refus, misant sur l'amélioration de résilience et l'effet dissuasif. Reste que la victime immédiate reste la population dont les services ont été perturbés.
À court terme, il faudra suivre les enquêtes (techniques et judiciaires), l'évaluation précise des fichiers rendus publics et l'impact subit sur les usagers. À moyen terme, cette affaire alimente un débat plus vaste sur le rôle des cryptomonnaies dans le financement des cyberattaques et sur l'efficacité des stratégies de non‑paiement.