Déploiement express de la facturation électronique : premiers bilans
Quatre jours après l'entrée en vigueur, le bilan présenté par le ministère des Comptes publics et l'Ordre des experts-comptables montre un démarrage massif du dispositif de facturation électronique imposé depuis le 1er septembre 2026 aux entreprises assujetties à la TVA. Selon le ministère, plus de 1,5 million de factures ont déjà été échangées, pour un montant cumulé supérieur à 3 milliards d'euros.
Les chiffres fournis par l'Ordre des experts-comptables complètent ce panorama. Interrogés lors d'une enquête flash lancée à partir du 27 août, les cabinets indiquent avoir largement accompagné leurs clients : sur plus de 3 000 experts-comptables sondés, 83% affirment avoir choisi les plateformes agréées pour leurs clients et réalisé les inscriptions, tandis que 12% signalent un déploiement en cours. Au 31 août, 73% des clients des cabinets sondés et 74% des clients en révision étaient opérationnels.
«Depuis mardi, nous avons dépassé les 1,5 million de factures échangées, pour plus de 3 milliards d'euros», a expliqué David Amiel sur la plateforme X.
Ce que signifient ces chiffres
Ces premiers résultats témoignent d'une mobilisation rapide des cabinets d'expertise comptable et d'une adoption significative par les entreprises du "cœur de cible" — grandes entreprises et ETI, qui ont l'obligation d'émettre des factures électroniques dès cette étape. Le président du Conseil national de l'Ordre des experts-comptables, Damien Charrier, voit dans ces données «l'ampleur de la mobilisation des experts-comptables aux côtés de leurs clients».
Pour l'administration, l'objectif est double : moderniser les flux entre assujettis à la TVA et l'État (réduction des délais de paiement et des tâches administratives) et améliorer le recouvrement. Le gouvernement estime que la généralisation du dispositif permettra de récupérer environ 3 milliards d'euros de TVA.
Rythme prévu et défis restants
Le calendrier prévoit l'élargissement progressif : la facturation électronique sera généralisée à l'ensemble des entreprises au 1er septembre 2027. Dans l'immédiat, le ministère et les acteurs privés tablent sur une montée en charge continue : selon les cabinets sondés, dans un mois 85% et 84% de leurs clients devraient être prêts respectivement pour les deux catégories évoquées.
- Adoption technique : plus de 140 plateformes agréées sont en service, et près de 70% des entreprises ont déjà choisi une plateforme selon David Amiel.
- Rôle des experts-comptables : accompagnement massif des cabinets, inscrivant leurs clients et paramétrant les échanges.
- Objectif fiscal : récupération estimée à 3 milliards d'euros de TVA grâce à une meilleure traçabilité et des contrôles facilités.
Conséquences pour les entreprises, salariés et clients
Pour les entreprises, la contrainte administrative initiale (choix d'une plateforme, paramétrage, formation) devrait laisser place à des gains d'efficience : réduction de la paperasse, fiabilité accrue des processus de facturation et potentielle réduction des délais de paiement. Pour les cabinets, la charge de travail de transition est significative mais renforcera leur rôle de conseil et d'opérateur technique. Côté clients et destinataires, la dématérialisation doit améliorer la lisibilité des flux et la rapidité des règlements.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Factures échangées (depuis le 1er sept.) | 1,5 million |
| Montant total déclaré | +3 milliards € |
| Clients des cabinets opérationnels (31 août) | 73% |
| Experts-comptables ayant réalisé les inscriptions | 83% |
Reste à suivre la montée en charge dans les prochains mois, la robustesse technique des plateformes et la capacité des plus petites structures à franchir le pas d'ici à la généralisation prévue en septembre 2027. Les premiers éléments montrent toutefois que, malgré les controverses qui ont accompagné le lancement, le dispositif a pris un départ soutenu.