Un plan de transformation qui vise à préparer l’avenir mais menace 344 emplois
La direction de D’Ieteren Automotive a présenté jeudi un plan de transformation stratégique destiné à aligner l’entreprise sur les évolutions profondes du marché automobile et de la mobilité. Le projet prévoit le regroupement de fonctions, la réorganisation d’équipes et la fermeture de certains sites. Au plus fort de la mesure, la direction estime que le plan pourrait conduire à la suppression de 344 emplois.
Pourquoi cette remise à plat ?
Selon la direction, plusieurs forces structurelles obligent à repenser le modèle : la décarbonation du parc automobile, l’émergence de nouveaux usages de mobilité (et l’entrée en vigueur du budget mobilité en 2027), la digitalisation accélérée et la concurrence accrue au plan mondial. La société estime que ces éléments « créent un environnement radicalement nouveau ». Elle entend passer d’un modèle centré sur la vente de véhicules neufs à un modèle axé sur la mobilité, les services et la relation client durable.
Impacts locaux et périmètre
Le plan touche les sept sites du groupe en Belgique, dont le centre de distribution de la rue du Mail à Bruxelles, site historique, ainsi que des implantations ouvertes récemment en Flandre (2022 et 2024) qui pourraient être supprimées. D’Ieteren assure néanmoins que cette réorganisation n’affectera pas la relation client ni la continuité des activités des concessionnaires indépendants qui commercialisent et assurent l’après-vente des marques distribuées.
« Certaines activités, fonctions et structures ne correspondent plus aux réalités futures du marché. »
Procédure et effectifs
La procédure légale d’information et de consultation des représentants du personnel, dans le cadre de la loi dite « Renault », a été lancée ce jeudi. Selon le dernier rapport annuel cité par l’entreprise, D’Ieteren emploie 2 945 équivalents temps plein. Le chiffre de 344 suppressions correspond à l’estimation maximale communiquée par la direction au stade actuel du projet.
| Élément | Chiffre/description |
|---|---|
| Équivalents temps plein (dernier rapport) | 2 945 |
| Suppression d’emplois envisagée | 344 (estimation maximale) |
| Sites concernés | 7 (dont le centre de distribution rue du Mail à Bruxelles) |
Conséquences pour les salariés, les réseaux et le secteur
Pour les salariés, l’annonce déclenche une période d’incertitude sociale : la procédure d’information/consultation va déterminer les modalités concrètes (mobilités internes, reclassements, plans de départs volontaires, mesures d’accompagnement). Les organisations syndicales parlent déjà d’un « choc » pour les travailleurs et leurs familles. Pour les concessionnaires indépendants, la maison mère promet qu’il n’y aura pas d’impact sur la relation client ni sur la continuité des services après-vente.
À plus large échelle, ce mouvement illustre la recomposition du secteur automobile européen, contraint d’adapter ses chaînes de distribution et ses modèles commerciaux face à l’électrification, à la numérisation et à l’émergence d’offres de mobilité alternatives. Pour les pouvoirs publics, les régions et les collectivités concernés, il s’agira de suivre la procédure et d’envisager des dispositifs d’appui au reclassement.
- La direction veut recentrer l’activité vers les services de mobilité et la relation client.
- La procédure d’information/consultation au titre de la loi Renault est désormais engagée.
- Les conséquences sociales dépendront des négociations à venir et des mesures d’accompagnement proposées.
Le dossier reste évolutif : le chiffrage précis des suppressions, la localisation définitive des fermetures et les mesures de soutien aux salariés seront déterminés au fil des consultations. La stratégie affichée par D’Ieteren reflète la pression exercée sur les acteurs de la distribution automobile pour se transformer face à un marché en mutation profonde.