Les marchés américains saluent l'esquisse d'un tournant monétaire
Jeudi, Wall Street a terminé la séance en nette progression, les investisseurs accueillant positivement les propos d'un membre de la Réserve fédérale (Fed) qui a laissé entendre qu'une hausse des taux n'était pas automatique si les prochaines statistiques d'inflation confirmaient un ralentissement. Ce repositionnement sur la trajectoire des taux a réduit la prime de risque exigée par les marchés et a soutenu un large mouvement d'achat.
Un rebond marqué des indices
Les trois indices vedettes ont tous gagné plus d'un pour cent jeudi :
- Dow Jones : +1,18% soit 624,16 points, à 53 686,11 points.
- S&P 500 : +1,06% soit 81,11 points, à 7 747,71.
- Nasdaq Composite : +1,40% soit 366,23 points, à 26 584,06.
| Indice | Variation (%) | Variation (points) | Niveau |
|---|---|---|---|
| Dow Jones | +1,18% | +624,16 | 53 686,11 |
| S&P 500 | +1,06% | +81,11 | 7 747,71 |
| Nasdaq | +1,40% | +366,23 | 26 584,06 |
Pourquoi ces réactions ?
Un gouverneur de la Fed, dans une interview reprise par l'agence de presse, a indiqué qu'il privilégierait de laisser le taux directeur inchangé si les données d'inflation montraient une détente des pressions sur les prix. Ce changement de ton a poussé les opérateurs à réduire leurs probabilités d'une hausse imminente des taux pour la réunion de septembre, selon les outils de marché cités par la source.
"Un 'coup de boost' a été donné par les commentaires de Christopher Waller aux marchés dans leur ensemble,"
La réaction sur le marché obligataire a été cohérente : les rendements des bons du Trésor américain ont reculé pour la deuxième séance consécutive après avoir atteint des plus hauts proches de trois ans. Une baisse des rendements souverains réduit le coût d'opportunité des actifs risqués et favorise les valeurs de croissance, en particulier les grandes capitalisations technologiques qui ont soutenu le Nasdaq.
Conséquences pour l'économie réelle et les investisseurs français
Pour les acteurs économiques européens et français, ce repositionnement des anticipations américaines importe sur plusieurs plans :
- un recul des taux longs américains peut alléger les pressions sur les taux européens et, à terme, sur le crédit aux entreprises et aux ménages ;
- une fenêtre plus clémentes pour les actifs risqués peut soutenir les valorisations des entreprises exportatrices ou exposées aux marchés américains ;
- les investisseurs resteront toutefois vigilants : la Fed a clairement laissé la porte ouverte à une hausse si l'inflation ne montre pas de signe d'accalmie.
En toile de fond, la saison des résultats d'entreprises continue d'influencer la dispersion des performances sectorielles : certaines valeurs ont fortement surperformé tandis que d'autres, moins satisfaisantes, ont pesé sur le panier. La combinaison d'une Fed potentiellement moins agressive et d'une lecture encore hétérogène des publications conserve un degré d'incertitude élevé pour les semaines à venir.
Les opérateurs européens surveilleront de près les prochaines publications d'inflation américaines et la communication officielle de la Fed pour ajuster leurs portefeuilles. À court terme, l'effet de soulagement observé jeudi a été net ; il reste à savoir s'il préfigure un changement durable des anticipations de politique monétaire.