Un besoin de capital massif pour compenser des pertes issues des activités fintech
La Banque Delubac, acteur connu pour certaines initiatives dans les paiements et les cryptomonnaies, traverse une phase délicate : malgré la rentabilité de ses métiers historiques, l'établissement a enregistré une perte consolidée de 2,5 millions d'euros sur l'exercice 2025. Pour inverser la tendance, il lance un plan de renforcement de bilan visant à lever des montants considérables sur les marchés.
Concrètement, la banque cherche à émettre entre 20 et 30 millions d'euros de titres subordonnés de type AT1, complétés par une augmentation des fonds propres durs de l'ordre de 5 à 8 millions d'euros. Ce mix recherché — dettes hybrides plus capital permanent — témoigne d'une stratégie visant à préserver la capacité opérationnelle tout en absorbant des pertes provoquées par des projets risqués dans les cryptos et les paiements.
Un modèle hybride mis à l'épreuve
La description publique de la situation met en lumière une double réalité : d'un côté, une activité « traditionnelle » encore profitable ; de l'autre, des choix de diversification tech qui pèsent sur le résultat consolidé. Les pertes liées aux initiatives crypto et aux produits de paiement montrent la vulnérabilité d'un modèle bancaire qui cherche à concilier activité classique et positionnement fintech innovant.
- Perte 2025 : 2,5 M€ (consolidée)
- Objectif AT1 : 20–30 M€
- Objectif fonds propres durs : 5–8 M€
| Poste | Montant recherché |
|---|---|
| Titres subordonnés (AT1) | 20–30 M€ |
| Fonds propres durs | 5–8 M€ |
| Perte consolidée 2025 | 2,5 M€ |
Un départ symbolique à la gouvernance
Le dossier prend une dimension politique et symbolique : Alain Clot, qui avait été désigné administrateur en début d'année et occupeait par ailleurs la présidence de France Fintech, a démissionné. Sa sortie ajoute une incertitude à la gouvernance au moment où la banque cherche des souscriptions d'investisseurs, et elle soulève des questions sur la capacité de la direction à mener la transformation tout en rassurant marchés et régulateurs.
Enjeux et conséquences
Plusieurs pistes se dégagent : la réussite de l'opération dépendra de l'appétit des marchés pour des AT1 émis par une banque ayant des pertes liées à des activités jugées risquées ; elle dépendra aussi de la confiance des actionnaires et des partenaires commerciaux. À plus long terme, la situation illustre la difficulté pour les établissements français de conjuguer croissance fintech et exigences prudentielles sans entamer leur solidité financière.
Au-delà du cas Delubac, ce dossier pose une question plus large pour le secteur : comment financer l'innovation dans les paiements et les actifs numériques tout en maintenant des ratios de solvabilité et une confiance suffisante des investisseurs ? La réponse donnera des signaux sur la capacité des banques françaises à rester compétitives face aux acteurs purement technologiques.
La suite dépendra des lignes de crédit et des souscriptions qui seront obtenues. Les montants visés — jusqu'à 38 M€ si l'on cumule bornes hautes — devront permettre non seulement d'effacer le déficit, mais aussi d'offrir un coussin suffisant pour poursuivre ou redimensionner les projets à l'origine des pertes.