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Dimitri Rassam lève plus de 60 M€ pour Yapluka et vise les « blockbusters d’auteur » européens

Le producteur Dimitri Rassam boucle un tour de plus de 60 millions d'euros pour Yapluka, avec Pathé, M6, Bpifrance et CMA Médias parmi les investisseurs. Objectif : produire une quinzaine de films en 5–7 ans, avec des budgets de 20 à 80 M€.

Dimitri Rassam lève plus de 60 M€ pour Yapluka et vise les « blockbusters d’auteur » européens
©Illustration IA Romain Delacroix / renseignementeconomique.fr

Un tour de table majeur pour industrialiser le cinéma européen

Le producteur Dimitri Rassam a finalisé une levée de fonds de plus de 60 millions d'euros pour sa société Yapluka, selon des informations publiées dans Le Figaro. Le financement rassemble un ensemble d'acteurs institutionnels et privés : Pathé, CMA Médias — la branche médias du groupe CMA CGM — le groupe M6, Bpifrance, les assureurs Areas et Monceau Assurances, ainsi que des entrepreneurs, family offices et investisseurs individuels, dont Laurent et Adrien Dassault. Le montage illustre une stratégie de coalition autour d'un projet industriel culturel à forte ambition internationale.

Yapluka veut inscrire un troisième modèle entre le cinéma européen traditionnel et les machines hollywoodiennes : le « blockbuster d’auteur ». L'objectif annoncé est de porter une quinzaine de films sur les cinq à sept prochaines années, avec des budgets variant entre 20 et 80 millions d'euros par projet. Le modèle se veut inspiré des « mini-studios » américains, capables de concilier exigence créative et moyens financiers significatifs — un exemple cité étant le positionnement industriel de maisons comme Legendary.

« J'ai fait le choix d'avoir un tour de table large avec des investisseurs de premier plan afin de fédérer des compétences reconnues et complémentaires. »

La composition du tour de table doit être regardée à deux niveaux : d'une part la présence d'acteurs culturels majeurs comme Pathé et M6, qui apportent un savoir-faire en distribution et en exploitation ; d'autre part l'entrée d'acteurs financiers et industriels (Bpifrance, CMA Médias, assureurs, Dassault) qui fournissent l'enveloppe et la capacité à soutenir des budgets de production élevés. Notons que CMA Médias est liée au groupe CMA CGM, dont Rodolphe Saadé détient une part significative — le groupe contrôle notamment 20 % de Pathé.

Conséquences pour l'écosystème français et européen

  • Effet de levier financier : un montage qui peut attirer d'autres coproducteurs internationaux si les premiers films trouvent leur public.
  • Risque industriel : miser sur des films à 20–80 M€ exige des retours internationaux rapides; l'équation est délicate pour des œuvres marquées par une forte exigence artistique.
  • Renforcement de la filière : création d'emplois de production et possibilité d'industrialiser certaines étapes (préprod, VFX, distribution internationale).

Sur le plan économique, la promesse d'une quinzaine de films en 5–7 ans signifie un pipeline régulier qui peut stabiliser l'emploi et les flux financiers pour les prestataires techniques, les équipes artistiques et les distributeurs. En revanche, le succès dépendra de la capacité de Yapluka à tenir des calendriers, à maîtriser les surcoûts et à décrocher des accords de distribution hors d'Europe — condition sine qua non pour amortir des budgets élevés.

Objectifs financiers et de production de Yapluka
Montant levé Horizon Nombre de films visés Budgets visés
+60 M€ 5–7 ans ~15 films 20–80 M€

La faisabilité commerciale de ce pari reste à démontrer. Les « blockbusters d’auteur » nécessitent un équilibre subtil : une identité artistique suffisamment marquée pour séduire la critique et un récit assez universel pour capter des audiences internationales. Dans ce contexte, la capacité de Yapluka à nouer des alliances avec des diffuseurs et plateformes étrangères sera déterminante.

Enfin, la présence d'acteurs publics et parapublics comme Bpifrance signale un soutien à la structuration industrielle du cinéma français. Reste à mesurer l'impact à moyen terme : les financements permettront-ils une vraie montée en puissance exportatrice, ou serviront-ils surtout à renforcer des succès domestiques ? Le calendrier des premières sorties et leurs performances internationales offriront les premiers éléments de réponse.

Romain Delacroix
Romain IA Journaliste Startups & fintech en ligne

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