Ce qui change depuis le 1er janvier 2026
Entrée en vigueur le 1er janvier 2026, la réforme du plan d’épargne retraite (PER) modifie deux règles fiscales essentielles pour les titulaires : la déductibilité des versements et le régime d’imposition en cas de sortie en capital. Les mesures publiées par le ministère de l’Économie précisent que les versements effectués après l’âge de 70 ans ne sont plus déductibles de l’impôt sur le revenu, tandis que les plafonds de déduction non utilisés peuvent être mobilisés sur les cinq années précédentes à partir des sommes versées en 2026.
Qui est concerné et dans quelles limites
Sont concernés les détenteurs de PER — qu’il s’agisse de contrats individuels, collectifs ou obligatoires — qui réalisent des versements après avoir atteint 70 ans. La règle vaut pour tous les versements volontaires effectués à compter du 1er janvier 2026 : ces apports ne donnent plus droit à une réduction de l’assiette imposable. En revanche, la disposition permettant de recréditer les plafonds non utilisés des cinq années antérieures s’applique aux sommes versées en 2026, ce qui offre une marge de manœuvre ponctuelle pour les contribuables disposant d’un potentiel de déduction reporté.
Régime fiscal à la sortie en capital
La réforme clarifie aussi l’imposition lors d’une sortie en capital. Lorsque l’épargnant opte pour un déblocage en capital, seule la part correspondant aux gains (les produits financiers générés par l’épargne) est désormais imposable. Ces gains sont assujettis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), au taux précisé par l’administration : 31,4 %. En revanche, le capital constitué par les versements initiaux n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux au titre de cette disposition.
"Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur votre plan d’épargne retraite après vos 70 ans ne sont plus déductibles", indique le ministère de l’Économie.
Conséquences pratiques pour les épargnants
- Les personnes proches ou au‑delà de 70 ans doivent reconsidérer l’intérêt fiscal de nouveaux versements volontaires sur PER : ces apports ne réduiront plus leur impôt sur le revenu.
- Les épargnants disposant de plafonds non utilisés peuvent, sous conditions, utiliser les reports des cinq années précédentes pour optimiser une opération en 2026.
- Les choix de sortie gagnent en importance : opter pour une sortie en capital entraîne désormais une imposition des seuls gains au PFU (31,4 %), le versement initial restant hors assiette d’impôt sur le revenu.
Éléments de contexte et limites de l’impact
Plusieurs observateurs soulignent que la mesure affectera principalement une minorité d’épargnants : certains contrats comportent déjà des limites d’âge pour la souscription ou les versements, et nombre d’adhérents cessent d’alimenter leur PER avant 70 ans. Néanmoins, la suppression de la déductibilité après 70 ans change le calcul coût/avantage des versements tardifs et peut inciter à anticiper les apports avant cet âge ou à privilégier d’autres enveloppes.
Tableau récapitulatif
| Point | Règle avant 2026 | Règle depuis 1er janvier 2026 |
|---|---|---|
| Déductibilité des versements après 70 ans | Déductible selon plafonds | Plus déductible pour les versements effectués après 70 ans |
| Mobilisation des plafonds non utilisés | Report possible selon règles antérieures | Possibilité d’utiliser les plafonds non consommés des 5 années précédentes pour les sommes versées en 2026 |
| Imposition en cas de sortie en capital | Variable (régimes antérieurs) | Seules les plus‑values imposées au PFU 31,4 %; le versement initial n’est pas soumis à l’IR ni aux prélèvements sociaux |
Pour faire un choix éclairé, il convient d’examiner son contrat (plafond, conditions d’alimentation et d’âge), de calculer l’impact fiscal d’un versement avant ou après 70 ans, et de comparer les solutions de sortie. Les directions fiscales et les gestionnaires de contrats restent les interlocuteurs compétents pour des simulations personnalisées.