Un groupe nord‑américain en passe d'acquérir le Château Montebello placé en liquidation
Le prestigieux Château Montebello, emblème touristique en Outaouais actuellement placé sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité, serait sur le point d'être repris par le groupe hôtelier Westmont Hospitality, d'après une information diffusée par TourismExpress mardi après‑midi. Dans cette procédure de liquidation, PricewaterhouseCoopers (PwC) agit en qualité de séquestre de la Cour supérieure du Québec et privilégierait la proposition émanant de Westmont.
Le propriétaire actuel, Millennium Golden Jiachen Hotel Holdings, traîne des créances importantes. Le séquestre avait évalué l'an dernier des dettes impayées à plus de 64 M$ et, en novembre 2025, un rapport avait estimé la valeur des actifs du groupe à 47,6 M$, dont 34 M$ pour l'hôtel lui‑même. Ces chiffres figurent au cœur des discussions entre soumissionnaires et séquestre.
Qui est Westmont et pourquoi cette offre est significative ?
Fondé en 1975 à Mississauga, Westmont Hospitality Group est présenté comme l'un des principaux gestionnaires hôteliers nord‑américains. Le groupe gère plus de 500 hôtels pour des enseignes majeures (Hilton, Marriott, Fairmont, Hyatt) et détient des bureaux, notamment au Texas. Au Canada, Westmont posséderait une douzaine d'établissements, dont le Fairmont Waterfront de Vancouver, et aurait déjà été gestionnaire du défunt Delta Centre‑Ville à Montréal, selon TourismExpress.
Une offre locale écartée
Un consortium d'investisseurs locaux piloté par l'homme d'affaires Michael Andlauer (propriétaire des Sénateurs d'Ottawa) avait soumis une proposition. Selon les informations disponibles, cette offre n'a pas reçu la faveur de PwC. Mardi après‑midi, ni Westmont Hospitality, ni PwC n'avaient confirmé publiquement l'information relayée par TourismExpress.
Impacts économiques et fiscaux à surveiller
La reprise du Château Montebello par un groupe étranger ou nord‑américain pose plusieurs enjeux concrets :
- la reprise des dettes et la hiérarchie des créanciers sous la supervision du séquestre ;
- l'avenir des emplois et des contrats locaux liés à l'exploitation hôtelière ;
- les conséquences fiscales pour le propriétaire sortant et les créanciers, liées au traitement comptable de la cession et des pertes constatées.
Le rapport de novembre 2025, en évaluant les actifs à 47,6 M$ pour des dettes supérieures à 64 M$, illustre l'écart qui explique l'intervention d'un séquestre et le recours à une procédure encadrée par la Cour supérieure.
Données clés
| Élément | Chiffres rapportés |
|---|---|
| Dettes estimées (séquestre) | plus de 64 M$ |
| Valeur estimée des actifs (nov. 2025) | 47,6 M$ (dont 34 M$ pour l'hôtel) |
| Année de fondation – Westmont | 1975 |
| Hôtels gérés – Westmont | plus de 500 |
La perspective d'une reprise par Westmont insère l'opération dans une logique industrielle : un gestionnaire hôteli er disposant d'une capacité de gestion internationale et d'un réseau important peut offrir des synergies opérationnelles susceptibles d'améliorer la performance de l'actif. Reste que l'instrument juridique et fiscal du rachat — modalités de reprise des dettes, éventuelles garanties, traitement des pertes fiscales reportables — dépendra des termes définitifs de l'opération et des décisions du séquestre et de la Cour.
Pour l'instant, le dossier reste en mouvement. L'information relayée par TourismExpress n'avait pas, au moment du signalement, reçu de confirmation officielle de la part de Westmont Hospitality ni de PwC. Le calendrier de la liquidation, les offres concurrentes et l'autorité judiciaire détermineront les étapes suivantes et les conséquences fiscales et économiques pour les parties prenantes.
Suivi à prévoir : confirmation officielle de l'acheteur par PwC ou annonce judiciaire, précisions sur les modalités financières de la cession, et impacts sur l'emploi et la fiscalité locale.