Un engagement de long terme pour redessiner le modèle de croissance
Le Groupe de la Banque mondiale a officialisé un Cadre de partenariat-pays (CPF) sur dix ans avec le Maroc, destiné à soutenir la prochaine phase de développement du Royaume. Conçu pour accompagner une mutation économique profonde, ce dispositif associe financements, expertise technique et efforts de mobilisation des capitaux privés afin de stimuler la création d’emplois et d’accroître la compétitivité.
Priorités : emploi, secteur privé, résilience
La feuille de route définit une ambition claire : faire évoluer le modèle marocain vers une économie davantage portée par l’investissement privé et la création d’emplois de qualité. Le CPF met l’accent sur l’insertion professionnelle des jeunes, le renforcement de l’emploi féminin et un développement territorial plus équilibré entre zones urbaines et rurales. Ces objectifs sont présentés comme transversaux et structurants pour l’ensemble des opérations prévues.
« Ce nouveau cadre se distingue par son caractère structurant, en réunissant financements publics et privés, connaissances et réformes autour d’une vision commune pour l’avenir du Royaume. »
La déclaration, citant la ministre de l’Économie et des Finances, souligne la volonté d’articuler politiques publiques et apports du secteur privé pour poser les bases d’une croissance plus inclusive.
Trois axes stratégiques et conséquences opérationnelles
Le partenariat s’appuie sur trois priorités stratégiques qui orienteront l’intervention technique et financière du Groupe pendant une décennie :
- renforcer la compétitivité et l’investissement privé ;
- améliorer le capital humain et l’employabilité ;
- accroître la résilience économique et climatique.
Concrètement, cela devrait traduire en projets d’infrastructures, d’appui à la formation professionnelle, de réformes réglementaires et d’initiatives visant à attirer des capitaux privés. Pour les entreprises françaises présentes au Maroc, ce cadre peut signifier un environnement plus favorable aux investissements et des opportunités accrues de partenariats public‑privé.
| Durée | 10 ans |
|---|---|
| Objectif transversal | Création d’emplois (jeunes, femmes, territoires) |
| Instruments | Financements, expertise technique, mobilisation de capitaux privés |
Impacts régionaux et retombées pour la France
Sur le plan régional, un Maroc plus attractif pour l’investissement privé peut redistribuer les échanges et renforcer les chaînes de valeur en Méditerranée. Pour la France, premier partenaire commercial historique du Royaume et acteur majeur dans plusieurs secteurs (industrie, services, infrastructures), le CPF peut ouvrir des débouchés pour des entreprises exposées au Maghreb. Par ailleurs, l’accent sur l’emploi et la formation pourrait atténuer les pressions migratoires à plus long terme, un élément à suivre pour les décideurs européens.
Ce cadre marque aussi une étape symbolique dans une coopération vieille de plusieurs décennies entre le Maroc et le Groupe de la Banque mondiale. Son déploiement, sur le long terme, dépendra désormais de la capacité des autorités marocaines à mener les réformes annoncées et à attirer les financements privés complémentaires.