Une nouvelle décélération attendue en 2026, impactée par les tensions au Moyen-Orient
Dans son rapport mensuel publié lundi, l'Opep a annoncé une nouvelle révision à la baisse de sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026. L'organisation table désormais sur une hausse de 800 000 barils par jour (b/j) pour cette année, contre 1 million de b/j attendu le mois précédent. Il s'agit de la troisième réévaluation à la baisse depuis avril, lorsque la projection faisait état d'une augmentation de 1,4 million de b/j.
Le volume total de la consommation pétrolière mondiale pour 2026 est estimé à 105,94 millions de barils par jour. En parallèle, l'Opep a relevé sa prévision pour 2027 : la demande y progresserait de 1,9 million de b/j, soit 200 000 b/j de plus que l'estimation diffusée en juin, conduisant à un niveau attendu de 107,9 millions de b/j l'année suivante.
Les causes invoquées et le contexte géopolitique
L'organisation attribue cette décélération aux « incertitudes » pesant sur le marché, en particulier les répercussions du conflit au Moyen-Orient. Selon le rapport, l'offensive lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l'Iran a perturbé les approvisionnements depuis le Golfe : blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran et frappes contre des installations pétrolières et gazières ont réduit les flux.
« reprise de la demande »
Conséquences pour les marchés et pour la France
Une révision de la demande mondiale à la baisse peut peser sur les anticipations de prix à court terme, mais l'effet dépendra aussi de l'offre et des stocks. Pour la France, importatrice nette d'hydrocarbures, une demande mondiale plus faible tend à modérer l'inflation importée via le pétrole et les produits raffinés ; en revanche, l'instabilité géopolitique et les risques d'interruption d'approvisionnements constituent un facteur haussier éventuel des cours.
L'Opep rappelle que ses chiffres sont actualisés mensuellement selon l'évolution de la conjoncture économique mondiale. Le rapport mentionne en outre une reconfiguration de l'organisation : elle compte désormais 11 pays membres, sous conduite saoudienne, le retrait effectif des Émirats arabes unis datant du début mai. L'alliance plus large Opep+ regroupe par ailleurs dix autres pays producteurs.
Points de vigilance pour les décideurs
- Suivi des tensions au Moyen-Orient et des incidents affectant les infrastructures et les détroits maritimes.
- Observation des prochains rapports de l'Opep et de l'Agence internationale de l'énergie, qui offrent des lectures complémentaires du marché.
- Impacts potentiels sur les prix à la pompe, l'inflation et la balance commerciale française en 2026‑2027.
| Année | Variation projetée (b/j) | Demande totale projetée (millions b/j) |
|---|---|---|
| 2026 | +800 000 | 105,94 |
| 2027 | +1,9 million | 107,9 |
| Révision précédente (avril) | +1,4 million | — |
Face à une trajectoire de la demande sujette à de fréquentes révisions, les entreprises énergétiques, les importateurs et les autorités publiques devront rester vigilants sur la volatilité des prix et les risques d'approvisionnement. Les prochains mois permettront de mesurer si la hausse anticipée pour 2027 se matérialisera malgré les tensions actuelles.