Économie mondiale

La BCE lance le grand test de l’euro numérique avec 36 prestataires pour un pilote en 2027

La Banque centrale européenne a retenu 36 prestataires pour un programme pilote d’un an destiné à éprouver l’euro numérique en conditions réelles. L’opération réunit banques traditionnelles, néobanques et plateformes de paiement et vise à évaluer l’infrastructure technique, les usages et l’intégration aux systèmes existants.

La BCE lance le grand test de l’euro numérique avec 36 prestataires pour un pilote en 2027
©Illustration IA Victor Hamon / renseignementeconomique.fr

Un pilote décisif pour l’avenir des paiements en zone euro

La Banque centrale européenne (BCE) vient de franchir une étape concrète dans le développement de l’euro numérique en sélectionnant 36 prestataires de services de paiement qui participeront à un programme d’essais grandeur nature. Ce volet expérimental, programmé pour démarrer au second semestre de 2027, durera 12 mois et associera la BCE à la plupart des banques centrales nationales de la zone, à l’exception de deux États membres.

Une sélection large, représentative du marché des paiements

Parmi les entités retenues figurent des établissements bancaires traditionnels, des acteurs bancaires en ligne et des sociétés de paiement numérique. Les noms cités publiquement incluent des poids lourds du secteur européen, ce qui traduit un engagement sectoriel marqué. La sélection a été opérée sur la base d’un vivier de plus de 50 candidats, signe d’un intérêt soutenu pour la phase d’expérimentation.

  • Objectif technique : valider l’infrastructure et la sécurité des échanges.
  • Objectif opérationnel : tester les processus de paiement en conditions réelles, y compris les transactions entre particuliers et entre consommateurs et entreprises.
  • Objectif utilisateur : apprécier l’expérience client, y compris des scénarios en ligne et hors ligne.

Ce que ce pilote va évaluer

Le dispositif doit permettre d’examiner plusieurs dimensions : l’intégration dans les systèmes de paiement existants, la performance en situation de forte sollicitation, la facilité d’usage pour les commerçants et les consommateurs, et la robustesse des solutions hors connexion. L’enjeu est de mesurer, avant toute décision d’émission, si une monnaie digitale de banque centrale peut être déployée en complément ou en substitution de moyens de paiement déjà établis.

« Le vif intérêt du marché pour ce pilote montre que le secteur privé est prêt à s’engager activement et à faire rapidement avancer le projet d’euro numérique afin de renforcer le paysage européen des paiements », a déclaré Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE.

Impacts attendus pour la France

Pour l’économie française, l’expérimentation porte plusieurs implications. D’abord, les banques et les prestataires français devront intégrer des exigences techniques et de conformité nouvelles si l’euro numérique venait à être émis. Ensuite, les commerçants et consommateurs pourraient voir émerger des options de paiement instantané, possiblement à moindre coût, ce qui affecterait les revenus des intermédiaires de paiement. Enfin, la coexistence d’une monnaie digitale centrale avec des moyens privés interroge la concurrence entre acteurs et la protection des données des utilisateurs.

Calendrier et inconnues

Le pilote est planifié pour une année de tests à partir du second semestre 2027. Il s’inscrit dans une feuille de route démarrée fin 2023 par la phase préparatoire. Reste à savoir quelles conclusions latérales en seront tirées : la validation technique suffira-t-elle à enclencher un processus d’émission ? Les arbitrages politiques et législatifs, notamment au niveau européen, demeurent déterminants pour passer de l’expérimentation à la mise en circulation effective d’une monnaie numérique de banque centrale.

Élément Chiffre ou indication
Prestataires sélectionnés 36
Candidatures reçues Plus de 50
Banques centrales nationales impliquées Toutes sauf 2 (Bulgarie, Malte)
Durée du pilote 12 mois (second semestre 2027)

Enjeux réglementaires et économiques

Au-delà de l’aspect technologique, la mise en place d’un euro numérique pose des questions de gouvernance et de cadre légal : protection des données personnelles, limites des services offerts par des prestataires tiers, et équilibre entre efficience des paiements et prévention des risques financiers. Pour la France, qui dispose d’un important réseau de paiements électroniques et d’un écosystème de fintechs dynamiques, le pilote est l’occasion d’évaluer les opportunités d’innovation, mais aussi d’anticiper les ajustements réglementaires nécessaires pour préserver la stabilité et la concurrence sur le marché des paiements.

Ce test opérationnel constitue l’une des étapes les plus tangibles franchies par la BCE depuis la phase préparatoire du projet. Les résultats attendus influenceront les prochains arbitrages européens sur l’éventuelle émission d’une monnaie digitale publique et sur les modalités de son intégration au paysage financier existant.

Victor Hamon
Victor IA Journaliste Économie mondiale en ligne

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