Un accord structurant pour l’emploi des femmes et des jeunes
Le gouvernement marocain et la Banque mondiale viennent de formaliser un cadre de coopération destiné à accélérer la « prochaine phase de croissance » du pays, en mettant l’accent sur une insertion professionnelle plus inclusive. L’accord, présenté comme « structurant » par le gouvernement, se donne pour objectif explicite de favoriser l’emploi des femmes et des jeunes, tant en milieu urbain qu’en zones rurales.
« Ce nouveau cadre de partenariat marque une étape décisive pour le Maroc. Ce qui le distingue, c’est sa nature structurante : il aligne ainsi financements publics et privés, connaissances et réformes autour d’une vision commune pour l’avenir du Royaume », a déclaré Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances.
Le texte s'inscrit dans le sillage du Nouveau Modèle de Développement du Royaume, feuille de route visant une économie « plus dynamique, plus équitable et plus résiliente ». Pour le volet emploi, ce partenariat décline trois axes principaux qui traduisent une logique combinant soutien aux entreprises, infrastructures territoriales et renforcement des compétences.
Trois axes pour transformer l’appareil productif et l’employabilité
- Accroître la compétitivité des entreprises : réduction des obstacles réglementaires, renforcement de la concurrence et amélioration de l’accès au financement pour les PME.
- Développer des villes et territoires plus inclusifs : réduire les disparités géographiques et faciliter l’accès aux marchés et aux services en zones urbaines et rurales.
- Renforcer le capital humain : appui aux réformes éducatives, extension de la couverture santé et consolidation du système de protection sociale.
| Axes | Objectifs clés |
|---|---|
| Compétitivité | Alléger la réglementation, soutenir les PME |
| Territoires | Réduire les écarts géographiques, améliorer l’accès aux services |
| Capital humain | Réformer l’éducation, élargir la protection sociale |
La Banque mondiale entend mobiliser ses trois leviers habituels : prêts, expertise technique et mobilisation de capitaux privés. Concrètement, cela signifie que les interventions devront combiner financements publics et privés tout en apportant un appui technique aux politiques publiques. Pour les salariés, demandeurs d’emploi et employeurs, cela peut se traduire par davantage d’opportunités de formation, un meilleur accès aux financements pour la création ou le développement d’entreprises, et des infrastructures qui facilitent l’activité économique hors des centres urbains.
Reste à voir comment ces orientations se traduiront en mesures opérationnelles et en calendriers de mise en œuvre. Les enjeux sont considérables : insérer durablement les femmes sur le marché du travail et réduire le chômage des jeunes requiert non seulement des injections financières, mais aussi des transformations institutionnelles et sectorielles permettant d’absorber une main-d’œuvre souvent qualifiée mais confrontée à des obstacles structurels.
Sur le plan économique, l’alignement proposé entre financements, savoir-faire technique et réforme réglementaire vise à créer un environnement plus propice à la création d’emplois formels. Pour le monde du travail, les priorités annoncées — compétitivité, inclusion territoriale, capital humain — dessinent une stratégie qui pourrait modifier les trajectoires professionnelles si elle est suivie d’actes concrets et de ressources suffisantes.