Des intrants importés qui pèsent sur la facture des éleveurs
La hausse des prix des aliments pour animaux au Vietnam n'est pas un épisode isolé : elle résulte d'une combinaison de facteurs internationaux qui fait augmenter le coût de production pour les éleveurs. Selon le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement vietnamien, la dépendance du pays à plus de 65 % de matières premières importées expose l'industrie aux variations de prix mondiales.
Qu'est-ce qui pousse les prix à la hausse ?
Les éléments cités par les autorités sont concrets et logiques : complications logistiques, hausse des coûts de transport maritime et tensions géopolitiques, notamment les risques qui pèsent sur les routes traversant la mer Rouge et le détroit d'Ormuz. Ces facteurs renchérissent les coûts de transport, d'assurance et de logistique, que les fabricants répercutent ensuite sur le prix final des aliments.
- Augmentation des prix de vente des fabricants : 100 à 300 VND/kg pour compenser les coûts.
- Hausse observée sur plusieurs mois : le prix a progressé de façon continue.
- Impact direct sur les éleveurs : baisse des marges et risques accrus pour les petits exploitants.
Prix observés sur le terrain
Des témoignages locaux confirment l'ampleur : Nguyen Dinh Tuong, directeur d'une coopérative, relève une hausse de 7 000 à 12 000 VND par sac depuis le début de l'année. Voici les fourchettes de prix actuelles citées :
| Type d'aliment | Poids du sac | Prix constaté (VND) |
|---|---|---|
| Aliment pour porcelets | 25 kg | 470 000 à 490 000 |
| Aliment pour porcs à l'engraissement | 25 kg | 360 000 à 380 000 |
| Aliment pour volailles | 25 kg | 260 000 à 370 000 |
Conséquences pour les éleveurs et le marché
Selon Mme Pham Thi Cua, les coûts de production animale ont augmenté d'environ 10 à 15 % depuis le début de l'année, tandis que les bénéfices ont diminué de 10 à 20 %. Pour un petit éleveur, cela peut se traduire par des marges réduites à zéro, voire des pertes. Je traduis concrètement : quand le prix d'un sac augmente de 7 000 VND (environ 0,2 % du prix d'un sac de 470 000 VND), l'effet cumulé sur plusieurs intrants et sur des volumes importants pèse significativement sur le résultat net mensuel d'une exploitation.
Quelles pistes pour réduire la vulnérabilité ?
La source évoque la nécessité de promouvoir l'utilisation de sous-produits agricoles et de matières premières locales pour réduire la dépendance aux importations. C'est une piste d'autonomie intéressante, mais elle requiert du temps, des investissements et des adaptations techniques pour garantir l'équilibre nutritionnel des rations animales.
À court terme : quelle portée pour le consommateur ?
La hausse des coûts d'alimentation animale ne reste pas confinée aux exploitations : elle peut, selon l'ampleur et la durée, contribuer à une pression haussière sur les prix des viandes et des produits animaux. Pour les ménages, cela signifie un risque supplémentaire sur le budget alimentaire, déjà sensible dans un contexte mondial d'inflation des matières premières.
En clair, sans mesures d'atténuation (soutien aux éleveurs, diversification des approvisionnements, accélération des matières premières locales), la chaîne de valeur agricole reste exposée : ce sont d'abord les petits producteurs, puis les consommateurs, qui subiront l'impact.