Un essoufflement modéré des transactions
Au cours du 2e trimestre 2026, les courtiers immobiliers du Québec ont enregistré 27 296 ventes résidentielles, soit une baisse de 5 % par rapport à la même période de 2025. Ce recul s’inscrit dans un mouvement de retour à des niveaux d’activité plus conformes à la moyenne d’avant-bulle, après deux années où la reprise avait été fortement soutenue par la détente des taux d’intérêt.
Une offre qui reprend du terrain et freine la hausse des prix
Le point saillant de cette période est la hausse rapide des mises en vente : l’accroissement de l’offre atténue la pression haussière sur les prix et donne davantage de marge de manœuvre aux acheteurs. Concrètement, cela signifie que pour de nombreux ménages, la négociation retrouve une place plus importante — les vendeurs ne bénéficient plus systématiquement d’un rapport de force favorable.
« Le marché immobilier résidentiel québécois montre des signes de normalisation après deux années marquées par un fort rebond de l'activité. »
Facteurs structurels derrière la décélération
Plusieurs éléments expliquent ce retournement :
- Contexte macroéconomique : l’incertitude internationale incite certains acheteurs à différer leurs projets.
- Marché du travail : une détérioration de l’emploi chez les 25‑54 ans a réduit la capacité d’achat d’une partie des acquéreurs potentiels.
- Accessibilité : la hausse du coût de la vie et la difficulté à constituer une mise de fonds pèsent toujours, en particulier pour les primo‑accédants.
- Renouvellement d’hypothèques : des échéances de prêts contractés à des taux plus bas arrivent à maturité, contraignant certains propriétaires à reporter un changement de logement.
Conséquences concrètes pour les ménages et les professionnels
Pour un ménage qui se projette aujourd’hui, ces évolutions se traduisent par des délais de vente légèrement allongés et une capacité de négociation accrue — des éléments concrets quand on raisonne en mensualités et en mètres carrés. Du côté des courtiers et promoteurs, l’ajustement de l’offre impose une vigilance accrue sur la tarification et le positionnement des biens.
| Indicateur | 2e trimestre 2026 | Variation vs 2T 2025 |
|---|---|---|
| Ventes résidentielles | 27 296 | -5 % |
Perspectives
Les analystes de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec estiment que cette dynamique est conforme aux prévisions faites en début d’année : une normalisation graduelle, portée par une hausse de l’offre et une demande qui se montre plus prudente. À court terme, l’évolution du marché dépendra de la trajectoire de l’emploi, de l’évolution des coûts d’emprunt au Canada et de la capacité des ménages à reconstituer des mises de fonds. Pour les acteurs français et européens qui suivent ces signaux, l’enjeu est clair : l’absence d’un retour rapide à une forte inflation immobilière pourrait peser sur la rentabilité des portefeuilles exposés à la province, alors que les acheteurs locaux bénéficient d’un léger rééquilibrage du rapport de forces.