Le marché québécois marque le pas, sans effondrement
Le marché résidentiel du Québec semble sortir progressivement d'une phase de forte tension : une augmentation de l'offre et une baisse du rythme des ventes apparaissent dans plusieurs secteurs, selon le dernier rapport de Royal LePage communiqué mardi. L'évolution n'est pas homogène : certaines régions conservent une dynamique haussière annuelle, tandis que d'autres enregistrent les premiers signes visibles d'un ralentissement.
Concrètement, on observe deux mouvements concomitants : d'un côté, le prix médian provincial progresse encore sur un an — 487 500$, soit +3,8% sur 12 mois — et, de l'autre, des marchés locaux voient l'inventaire augmenter et les transactions se raréfier. Ce basculement change la donne pour les acheteurs et les vendeurs : il remet au centre la rigueur financière des acquéreurs et un temps d'adaptation pour les vendeurs qui avaient profité d'une demande ininterrompue.
«Le premier signe avant-coureur d’un ralentissement dans le marché immobilier, c’est une augmentation de l’inventaire dans plusieurs marchés et c’est ce que l’on voit en ce moment : l’inventaire augmente et le nombre de transactions diminue»
La Capitale‑Nationale (Québec) illustre le contraste : pour la première fois en plus de trois ans, la région enregistre une baisse trimestrielle des prix. Le prix médian d'une maison unifamiliale détachée y atteint 497 800$ au deuxième trimestre 2026, contre 508 500$ au trimestre précédent, soit un recul de 2,1%. Royal LePage pointe notamment l'impact des incertitudes politiques et économiques locales sur la demande.
«Québec vivait une situation complètement exceptionnelle alors qu’il n’y avait jamais eu de ralentissement»
Impacts pratiques et signaux à suivre
Pour les ménages et les investisseurs, cette inflexion signifie plusieurs choses :
- une plus grande latitude de négociation pour les acheteurs dans les secteurs où l'inventaire augmente ;
- une nécessité de prudence pour les vendeurs qui pourraient voir s'allonger les délais de vente ;
- une sensibilité accrue aux facteurs locaux (marché de l'emploi, décisions politiques provinciales) qui influent sur la confiance des acquéreurs.
À court terme, il faudra surveiller l'évolution de l'inventaire et l'impact des prochaines annonces économiques et électorales : si l'offre continue d'augmenter, les corrections locales pourraient se confirmer. À l'échelle annuelle, la progression encore positive du prix agrégé montre toutefois que la hausse généralisée n'est pas terminée partout.
| Indicateur | Valeur | Variation |
|---|---|---|
| Prix médian — Québec (Capitale‑Nationale) | 497 800$ | −2,1% vs T1 2026 |
| Prix médian — Québec (agrégé provincial) | 487 500$ | +3,8% sur 1 an |
En résumé, le diagnostic posé par Royal LePage est celui d'une stabilisation progressive plus que d'un retournement brutal : certains marchés, jusqu'ici dopés par la pandémie et une demande soutenue, marquent le pas, tandis que d'autres conservent une dynamique haussière. Pour les acteurs du secteur, la clé sera d'ajuster l'évaluation des biens et le calendrier des transactions à une réalité désormais davantage fragmentée.