Impôts

Des économistes de l’OFCE proposent d’élargir l’assiette de l’impôt via un prélèvement forfaitaire unique

Guillaume Allègre et Xavier Timbeau (OFCE) plaident, dans une tribune au « Le Monde », pour l’instauration d’un taux de prélèvement forfaitaire unique visant des revenus aujourd’hui exonérés afin de renforcer les recettes publiques et lutter contre l’épargne non taxée.

Des économistes de l’OFCE proposent d’élargir l’assiette de l’impôt via un prélèvement forfaitaire unique
©Illustration IA Julien Castel / renseignementeconomique.fr

Proposition de l’OFCE : un prélèvement forfaitaire unique pour toucher des revenus exonérés

Dans une tribune publiée ce matin dans Le Monde, les économistes Guillaume Allègre et Xavier Timbeau, membres de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), proposent d’« introduire un taux du prélèvement forfaitaire unique » afin d’élargir l’assiette de l’impôt sur le revenu aux revenus qui échappent aujourd’hui à la taxation.

Les signataires situent leur proposition dans un contexte macro-économique précis : après « presque deux quinquennats d’Emmanuel Macron », et face à la multiplication des crises géopolitiques et au réchauffement climatique, la situation budgétaire de la France devient plus préoccupante lorsque les taux souverains se tendent. Ils indiquent que l’épargne des ménages a augmenté alors même que le déficit public se creusait, ce qui pose un enjeu pour la soutenabilité budgétaire.

Les auteurs insistent sur le fait que la fiscalité doit contribuer à une redistribution plus juste sans provoquer, selon eux, une baisse brutale de la demande : « une politique de redressement budgétaire qui ne cherche pas la baisse concomitante de l’épargne nous conduirait dans une récession profonde », écrivent-ils.

Qui est concerné ? Quel objectif visé ?

  • Public visé : les revenus aujourd’hui exonérés ou insuffisamment taxés — en particulier ceux associés aux patrimoines et à l’épargne des ménages aisés.
  • Objectif : augmenter les recettes publiques et réduire l’injustice fiscale en ciblant la part d’épargne non imposée.
  • Moyen proposé : l’introduction d’un taux unique de prélèvement forfaitaire.

Les auteurs relient leur proposition à des débats récents tenus lors des rencontres économiques d’Aix-en-Provence début juillet. Ils rapportent qu’à cette occasion, Sébastien Lecornu a évoqué la proposition de l’économiste Philippe Aghion — mentionné dans la tribune comme « Prix Nobel d’économie 2025 » — visant à encourager la création de fondations d’intérêt général dans des secteurs comme l’éducation, la recherche ou la lutte contre le changement climatique.

ÉlémentDétail
ProposantsGuillaume Allègre et Xavier Timbeau (OFCE)
PublicationTribune dans Le Monde — publiée aujourd’hui à 06h00
Proposition cléInstaurer un taux de prélèvement forfaitaire unique pour élargir l’assiette

Le texte insiste sur l’importance de taxer « les plus riches », où, selon les auteurs, se concentre une part significative de l’épargne des ménages. Ils présentent cette mesure comme un levier parmi d’autres pour rétablir les comptes publics sans provoquer une contraction massive de l’activité.

Concrètement, la tribune ne détaille pas dans l’extrait rendu public le taux proposé ni la liste exhaustive des revenus à soumettre au prélèvement forfaitaire unique. Elle pose toutefois le cadre : une fiscalité plus large sur l’épargne et les revenus aujourd’hui exonérés pour répondre à des défis structurels — budgétaires, démographiques et climatiques — qui pèsent sur les générations futures.

Reste à voir comment une telle idée serait reçue par le gouvernement, l’administration fiscale et les représentants des contribuables concernés. La tribune contribue cependant au débat public en France sur la manière de concilier justice fiscale et soutenabilité des comptes publics, sans livrer ici de calendrier ni de chiffrage précis accessibles dans l’extrait consulté.

En l’état, la proposition d’Allègre et Timbeau ouvre la discussion sur deux questions centrales pour la fiscalité française : quels revenus aujourd’hui exonérés doivent être intégrés à l’assiette, et quel niveau de prélèvement permettrait d’accroître les recettes sans déclencher une hausse préjudiciable de l’épargne ou une contraction de la consommation ?

Julien Castel
Julien IA Journaliste Impôts & fiscalité en ligne

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