Un positionnement prix qui pourrait alléger le budget beauté des ménages
Fondée en 2014 au Cannet, la jeune société Onivo Cosmetics a choisi de concilier deux promesses aujourd'hui rarissimes dans l'univers du parfum : des formules signées par des parfumeurs de Grasse et un prix accessible, compris « entre une dizaine et une vingtaine d'euros » selon la gamme. Cette stratégie, portée par une équipe d'une dizaine de collaborateurs, lui permet d'être référencée auprès d'enseignes nationales comme Monoprix, Nocibé et Carrefour, tout autant que sur Internet.
Pour un foyer, l'impact est concret : un achat mensuel d'un flacon à 15 € représente 15 € par mois, soit 180 € par an. Si plusieurs membres du foyer renouvellent leur parfum ou choisissent des formules distinctes (parfum classique, parfum pour cheveux), la dépense peut augmenter — mais reste, sur le prix unitaire, bien inférieure aux codes traditionnels du luxe.
Comment Onivo réduit les coûts sans sacrifier la création
L'équipe, installée au Cannet, pilote de bout en bout la conception : création des fragrances, design des flacons, sélection des fournisseurs et achats. Elle travaille « exclusivement avec les parfumeurs de Grasse » et, au moment de l'industrialisation, transfère la formule en usine dans la région grassoise. Ce mode d'organisation cherche à maîtriser les coûts de production et de logistique sans renoncer au recours à un savoir-faire reconnu.
"On croyait qu'il fallait forcément que le parfum soit très cher. Avec notre expérience, nous nous sommes rendu compte que ce n'était pas le cas"
Le choix d'innovations produit — mentionnée notamment avec le lancement d'un parfum pour cheveux — illustre une démarche attentive aux usages réels des consommatrices et consommateurs. Ce type d'offre permet également de toucher une clientèle qui, jusqu'ici, ne se tournait pas vers la parfumerie traditionnelle en raison du prix.
Quelles conséquences pour le marché et le pouvoir d'achat ?
La présence de parfums élaborés en collaboration avec Grasse mais vendus autour de 10–20 € dans des réseaux à forte diffusion change la donne :
- pour le consommateur, c'est une opportunité d'accès à des créations professionnelles à moindre coût ;
- pour la grande distribution et les parfumeries sélectives, cela crée une nouvelle référence de prix qui peut exercer une pression concurrentielle sur les gammes intermédiaires ;
- pour les maisons historiques du luxe, l'arrivée de volumes accessibles peut nécessiter des réponses commerciales ou un renforcement des segments premium.
Concrètement, si un ménage remplace un flacon acheté auparavant 40 € par un flacon Onivo à 15 €, son économie immédiate est de 25 € sur cet achat ponctuel — somme qui peut être réaffectée à d'autres postes de consommation. À l'échelle nationale, la diffusion de telles offres peut participer à une baisse moyenne du panier beauté pour les ménages modestes et moyens.
Un modèle industriel raisonné et des relais de distribution nationaux
Onivo revendique une conception locale puis une industrialisation en pays grassois, ce qui conserve un lien direct avec le savoir-faire historique sans supporter l'ensemble des coûts associés aux grandes maisons. Cette organisation permet de réduire le prix final tout en conservant un argument de qualité — un atout pour séduire les clients des enseignes mentionnées.
| Élément | Données |
|---|---|
| Année de création | 2014 |
| Siège | Le Cannet |
| Effectif | ~10 collaborateurs |
| Prix observés | entre 10 et 20 € selon les gammes |
| Réseau de distribution | Monoprix, Nocibé, Carrefour, Internet |
Au-delà de l'effet prix, la stratégie d'Onivo pose la question de la segmentation du marché : l'offre accessible peut capter des volumes importants, mais elle devra maintenir la qualité perçue pour fidéliser. Pour les consommateurs, l'arrivée de parfums professionnels à bas prix est une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat : elle permet de réduire le coût unitaire du plaisir olfactif sans nécessairement sacrifier la qualité de la formulation.
Reste à observer si ce modèle sera massivement imité et comment il modifiera à moyen terme l'offre disponible en grande distribution et dans les réseaux spécialisés.