Des freins perçus qui disent l’urgence des politiques d’accompagnement
L’Institut Paris Region publie un baromètre qui éclaire les obstacles que rencontrent — ou redoutent — les personnes en recherche d’emploi en Île‑de‑France. Au cœur des préoccupations : la garde d’enfants, la compétence linguistique et les problèmes de santé. Derrière ces constats, des implications concrètes pour les salariés, les demandeurs d’emploi et les employeurs : disponibilité pour un entretien, capacité à tenir des horaires et accès aux formations.
Ce que disent les chiffres
Interrogés sur les « freins majeurs qui rendent presque impossible de trouver un emploi », les demandeurs d’emploi franciliens placent en tête des motifs d’inquiétude :
- 58 % évoquent le fait d’avoir des enfants sans solution de garde
- 56 % citent des difficultés à s’exprimer ou à écrire en français
- 54 % soulignent une maladie chronique ou de longue durée
- 46 % estiment que l’absence d’expérience professionnelle est un handicap
- 45 % pensent qu’être en situation de handicap est un obstacle majeur
| Perception | Part des demandeurs d’emploi |
|---|---|
| Inégalités d’accès malgré diplômes et compétences | 83 % |
« freins majeurs qui rendent presque impossible de trouver un emploi »
Perceptions et réalités : le rôle du statut sur le marché du travail
Le baromètre met en évidence que la perception des obstacles varie fortement selon la position de l’individu sur le marché du travail. Les demandeurs d’emploi évaluent différemment les risques qu’ils affrontent par rapport aux actifs occupés : expérience, conditions familiales ou santé modulent la liste des priorités. Autrement dit, ce qui paraît déterminant pour une personne en recherche d’emploi n’apparaît pas toujours comme tel aux yeux d’un employeur ou d’un salarié en poste.
Ce que cela change pour les acteurs de l’emploi
Ces résultats pointent des leviers d’action concrets. Pour les pouvoirs publics et les opérateurs de l’emploi : renforcer l’offre de garde d’enfants, développer l’accès aux formations en français professionnel et adapter l’accompagnement des personnes atteintes de maladies chroniques ou en situation de handicap. Pour les entreprises : mieux prendre en compte la diversité des contraintes familiales et sanitaires lors du recrutement et de l’organisation du travail.
Impacts pour les demandeurs et les employeurs
Pour un demandeur d’emploi, l’absence de mode de garde peut compromettre une convocation à un entretien ou la possibilité d’accepter un poste avec des horaires contraints. La maîtrise du français conditionne l’accès à des formations et à des emplois qualifiés. Pour les employeurs, ces freins traduisent un vivier de compétences potentiellement sous‑utilisées si l’accompagnement collectif et les adaptations restent insuffisants.
Au final, le baromètre de l’Institut Paris Region confirme que les politiques publiques et les pratiques RH restent des leviers essentiels pour transformer ces perceptions en opportunités réelles d’emploi.