Un cadre national pour trier et financer les formations
Le conseil d'administration de France Travail a voté, le 25 juin 2026, une délibération qui fixe des critères d'exposition et de financement des formations destinées aux personnes sans emploi. L'objectif affiché est de rendre plus rigoureuse la sélection des actions financées et de réduire la présence de parcours dont l'utilité professionnelle est contestable.
Ce que contient la délibération
La délibération précise notamment l'exigence d'une finalité professionnelle démontrée pour les formations retenues. Elle mentionne aussi des critères liés aux compétences visées, au caractère professionnalisant de l'action et à sa pertinence au regard des besoins du marché du travail. La formulation complète des critères fait l'objet d'une rédaction technique au sein du texte voté par le conseil d'administration.
"finalité professionnelle démontrée"
Conséquences concrètes pour les demandeurs d'emploi et les organismes
- Pour les bénéficiaires : un filtrage plus strict devrait limiter l'accès à des formations de faible valeur ajoutée, en privilégiant les parcours qui présentent des débouchés professionnels identifiables.
- Pour les organismes de formation : l'adaptation des catalogues et la documentation des résultats professionnels seront nécessaires pour rester éligibles au financement.
- Pour les financeurs publics : la mesure s'inscrit dans une logique de maîtrise des dépenses et d'optimisation des retours en emploi.
Un dispositif de signalement en préparation
Parallèlement, France Travail prévoit d'équiper son site d'un outil de signalement en ligne destiné à signaler les formations jugées problématiques. Cette mesure répond tant à des enjeux de qualité qu'à des réactions publiques récentes : l'organisme a été critiqué dans l'émission Complément d'enquête pour la présence, dans son catalogue, d'une formation évoquée comme anecdotique et mal adaptée au marché du travail.
Un changement d'organisation et de vocabulaire
Depuis le 1er mai 2025, la direction en charge s'appelle désormais Orientation et formation, une réorganisation destinée à mieux articuler l'orientation des publics et le développement des compétences. La délibération du 25 juin s'inscrit dans cette dynamique de recentrage vers des formations à finalité professionnelle clairement identifiée.
Questions en suspens
Plusieurs points restent à préciser : le détail des critères et leur mode d'application concret (barèmes, seuils, preuves exigées), le calendrier de mise en œuvre, ainsi que le pilotage des sanctions ou exclusions des prestataires. Ces éléments détermineront l'impact réel de la mesure sur l'offre de formation et sur l'employabilité des publics accompagnés.
| Élément | Information disponible |
|---|---|
| Date de la délibération | 25 juin 2026 |
| Critères évoqués | "finalité professionnelle démontrée", compétences visées |
| Mesure associée | Outil de signalement en ligne sur le site de France Travail |
Au-delà de la justesse des critères, l'enjeu est pratique : assurer que les moyens publics consacrés à la formation conduisent effectivement à des trajectoires professionnelles. Pour les demandeurs d'emploi, la promesse est claire : moins de parcours symboliques, plus d'actions aux débouchés mesurables. Pour les employeurs, la sélection devrait faciliter l'identification de compétences réellement acquises. Reste à voir comment la mise en œuvre tranchera entre exigence de qualité et maintien d'une offre diversifiée, notamment pour des publics éloignés de l'emploi.