Une hausse persistante du chômage
Au premier trimestre 2026, le taux de chômage des Hauts‑de‑France s'établit à 9,8 % de la population active, selon la dernière note de conjoncture de l'Insee. Il s'agit d'une nouvelle progression pour le cinquième trimestre consécutif, une trajectoire préoccupante qui place la région nettement au‑dessus de la moyenne métropolitaine (7,9 %).
Des chiffres à interpréter avec précaution
La stabilité apparente de l'emploi salarié régional masque une réalité plus nuancée. L'Insee relève que, malgré la montée du chômage, l'emploi salarié reste stable au niveau régional sur la période. Cette cohabitation d'une stagnation des emplois salariés et d'une augmentation du chômage s'explique en partie par des évolutions de la mesure statistique elle‑même.
Depuis l'entrée en vigueur de la loi pour le plein‑emploi le 1er janvier 2025, de nouveaux publics sont automatiquement inscrits auprès de France Travail. Sans ces nouvelles inscriptions, le nombre de demandeurs d'emploi en catégories A, B et C aurait reculé de 1 % sur le trimestre dans les Hauts‑de‑France, note l'Insee. Autrement dit, une partie de la hausse provient d'un changement administratif plutôt que d'une dégradation immédiate du marché du travail.
Territoires et impacts concrets
La situation varie encore à l'intérieur de la région : le taux de chômage est plus élevé dans l'Aisne (10,8 %) et le Nord (10,5 %). Pour les salariés et les demandeurs d'emploi, cette configuration signifie une concurrence accrue sur certaines offres, une pression sur les dispositifs d'accompagnement, et une probabilité plus forte de voir se développer des emplois précaires ou temporaires si la reprise de l'embauche reste timide.
- Demandeurs d'emploi : davantage de candidats sur le marché, nécessité d'un renforcement des formations et des dispositifs de reconversion.
- Employeurs : opportunité de recrutement mais aussi tension sur les compétences adaptées, notamment dans les secteurs en mutation.
- Politiques publiques : la hausse persistante impose un suivi rapproché des effets de la loi pour le plein‑emploi et une réévaluation des aides ciblées par département.
Quelques données clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de chômage - Hauts‑de‑France (T1 2026) | 9,8 % |
| Taux de chômage - France métropolitaine | 7,9 % |
| Variation trimestrielle | +0,2 point (Hauts‑de‑France) |
| Impact des nouvelles inscriptions (si exclues) | Demandeurs A/B/C : -1 % sur le trimestre |
Ce que cela change
Sur le court terme, la multiplication des trimestres de hausse oblige les acteurs locaux — Pôle emploi, France Travail, collectivités — à prioriser les publics les plus exposés (demandeurs de longue durée, jeunes sortis du système scolaire sans qualification). Pour les entreprises, l'enjeu est double : tirer parti d'une offre de main‑d'œuvre disponible tout en relevant le défi des compétences recherchées.
Enfin, sur le plan national, la situation des Hauts‑de‑France signale que, malgré une stabilisation de l'emploi salarié, la transmission vers un emploi durable reste fragile dans certaines régions. Suivre l'impact réel de la loi pour le plein‑emploi et mesurer l'adéquation entre offres et compétences seront essentiels pour inverser la tendance.