Un virage pédagogique poussé par l’automatisation des processus de recrutement
Lors d’un forum de l’emploi organisé début juillet au Vien Dong College à Hô Chi Minh-Ville, des responsables de formation et des experts en ressources humaines ont tiré la sonnette d’alarme : face à l’essor des technologies, avoir un diplôme ne suffit plus pour garantir l’employabilité. Les entreprises automatisent désormais une partie du tri des candidatures et des tests de compétences, ce qui fait évoluer les critères de sélection.
Concrètement, ce sont les profils capables d’intégrer et d’exploiter des outils numériques qui attirent davantage les recruteurs. Les jeunes issus de formations courtes, si leurs compétences techniques restent limitées, s’exposent à un risque d’exclusion du marché du travail.
Des métiers particulièrement exposés
L’expert consulté lors de l’événement a listé plusieurs fonctions susceptibles d’être largement transformées, voire remplacées, par la technologie. L’impact se concentre sur des tâches répétitives ou facilement standardisables.
- Comptabilité (tâches de saisie et traitement répétitif)
- Caisses et saisie de données
- Service à la clientèle (réponses standardisées)
- Conception graphique et marketing de contenu
| Métier cité | Observation |
|---|---|
| Comptabilité | Automatisation des tâches répétitives |
| Caissier / Saisie | Processus substituables par des systèmes |
| Service client | Chatbots et systèmes automatisés |
| Création graphique / Contenu | Outils d’IA capables de produire des éléments |
De la transmission de connaissances au développement des compétences
Face à cette réalité, l’établissement intervenant lors du salon a choisi d’adapter son offre. Il affirme avoir déplacé son objectif : moins d’enseignement purement théorique, plus d’apprentissage des « savoir-faire » numériques et de l’usage des outils d’intelligence artificielle dans les cursus.
« L'IA ne remplacera pas les humains, mais ceux qui ne savent pas l'utiliser. »
Cette phrase résume le pragmatisme affiché : il ne s’agit pas seulement d’introduire du code dans les programmes, mais de former à l’intégration quotidienne des assistants numériques, des plateformes de data et des outils d’automatisation.
Conséquences pour les étudiants, les employeurs et les politiques de formation
Pour les jeunes, l’enjeu est simple : développer des compétences techniques opérationnelles — maîtrise d’outils, capacité d’adaptation, et attitude orientée vers la résolution de problèmes — afin de rester attractifs sur le marché. Pour les employeurs, le défi consiste à repenser les fiches de postes et les parcours de montée en compétences internes. Enfin, pour les responsables de formation et les pouvoirs publics, la leçon est claire : investir dans des programmes centrés sur l’usage de l’IA et sur l’apprentissage pratique plutôt que sur une simple accumulation de connaissances théoriques.
À court et moyen terme, les établissements professionnels qui réussiront cette transition auront un rôle crucial pour éviter que des diplômés ne se retrouvent au chômage faute d’attitude ou de compétences numériques adaptées au marché.