Hausse du chômage malgré une plus grande participation
L'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) publie un diagnostic contrasté du marché du travail sénégalais pour le premier trimestre 2026. Si la participation à l'activité monte, elle ne suffit pas à absorber la demande d'emploi : le taux de chômage en sens élargi atteint 22,9 %, contre 21,7 % un an plus tôt, soit une hausse de 1,2 point.
Ce retournement intervient dans un contexte où la population active s'accroît : le taux d'activité se situe à 56,5 %, en hausse de 0,5 point sur un an. Mais cette dynamique masque des disparités marquées par âge, sexe et lieu de résidence.
Les plus fragiles : jeunes, femmes, zones rurales
Les données mettent en évidence des inégalités persistantes. Le chômage frappe particulièrement les jeunes, avec un taux de 28,4 % contre 16,8 % chez les adultes. Les femmes sont également plus exposées que les hommes, et la situation est nettement plus critique en milieu rural où près d'une personne active sur trois est sans emploi (32 %) contre 17,4 % en zone urbaine.
- Taux d'emploi : 40,2 %, en léger recul (-0,2 point).
- Emploi salarié : représente désormais 43,5 % des emplois, contre 41,6 % un an plus tôt.
- Taux de chômage BIT (définition stricte) : 5,1 %.
Que disent ces chiffres pour les acteurs concernés ?
Trois enseignements se dégagent. D'abord, la hausse du taux d'activité montre que davantage de Sénégalais cherchent et sont disponibles pour travailler, une pression qui pèse sur l'absorption d'emplois existants. Ensuite, la forte disparité entre zones rurales et urbaines révèle un problème structurel : la création d'emploi est insuffisante hors des centres urbains. Enfin, la progression de la part du salariat indique une orientation du marché vers des formes d'emploi plus formelles, sans pour autant créer suffisamment d'emplois totaux.
Impacts possibles et pistes
Pour les demandeurs d'emploi, la tendance signifie une concurrence accrue sur un marché où les jeunes et les femmes sont défavorisés. Pour les pouvoirs publics et les partenaires sociaux, cela souligne l'urgence d'une politique d'emploi ciblée : formation professionnelle adaptée aux besoins locaux, soutien à l'entrepreneuriat rural, et dispositifs favorisant la transition vers des emplois formels. Le contraste entre le taux de chômage élargi (22,9 %) et la mesure stricte du BIT (5,1 %) indique aussi des différences d'interprétation statistique à prendre en compte lors de la conception des réponses publiques.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de chômage (sens élargi) | 22,9 % |
| Taux d'activité | 56,5 % |
| Taux d'emploi | 40,2 % |
| Taux de chômage (BIT) | 5,1 % |
L'enquête de l'ANSD livre un tableau qui invite à dépasser les chiffres bruts pour penser des réponses sectorielles et territoriales. Faute d'une offre d'emploi assortie à la montée en activité, la progression du chômage risque de perdurer, en particulier pour les populations déjà vulnérables.