Une mobilité européenne désormais accessible aux demandeurs d'emploi
Créé en 1987 pour les étudiants, le programme Erasmus — qui a permis à plus de 14 millions d'entre eux de partir étudier — a évolué. Depuis son élargissement en 2014, Erasmus+ vise aussi à renforcer les compétences des adultes, et en particulier des personnes en recherche d'emploi. Pour les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, le dispositif offre la possibilité d'effectuer un stage professionnel de deux à six mois dans un autre État membre de l'Union européenne.
Ce que cela change pour les demandeurs d'emploi
La mobilité vise à améliorer l'employabilité par plusieurs leviers : montée en compétences techniques, pratique linguistique et exposition à des méthodes de travail différentes. Le stage à l'étranger peut donc constituer une réponse concrète pour ceux qui cherchent à actualiser leur CV ou à acquérir une expérience valorisable par les employeurs français.
- Durée : de 2 à 6 mois.
- Conditions : être inscrit à France Travail, résider en France et être ressortissant de l'Espace économique européen ou disposer du droit de travailler dans le pays d'accueil.
- Profil : pas de condition d'âge ou de diplôme ; autonomie, curiosité et capacité d'adaptation recommandées par les services.
Priorité aux publics « moins d'opportunités » jusqu'en 2027
Une mise à jour de 2026 du programme introduit une priorisation : « les personnes en situation de 'moins d'opportunités' » bénéficient d'un accès prioritaire. Cela englobe, entre autres, les chercheurs d'emploi de longue durée et les bénéficiaires du RSA, d'après les informations publiées par TF1 Info. Cette priorisation doit être comprise comme une manière de concentrer les moyens sur les profils dont la mobilité pourrait produire le plus d'effet en termes d'insertion.
« À partir de 2027, le programme sera de nouveau ouvert à tous, avec une priorité pour les situations de 'moins d'opportunités' »
Quels obstacles restent à lever ?
Sur le papier, l'ouverture est nette. Reste l'écart entre l'annonce et la mise en oeuvre : accompagnement personnalisé, aides à la mobilité, reconnaissance des compétences acquises à l'étranger et articulation avec les parcours de formation locaux. Sans ces maillons, des stages de quelques mois peuvent peiner à se traduire en embauche durable. Pour les conseillers de France Travail, la réussite de ces mobilités dépendra donc autant des dispositifs d'appariement et de suivi que de la volonté des employeurs d'intégrer des parcours atypiques.
Repères pratiques
| Élément | Information |
|---|---|
| Durée des stages | 2 à 6 mois |
| Accès | Inscription à France Travail, résidence en France, droit de travailler dans le pays d'accueil |
| Priorité (2026) | Personnes en situation de « moins d'opportunités » (ex. chercheurs d'emploi >1 an, bénéficiaires du RSA) |
Pour les demandeurs d'emploi, Erasmus+ devient un instrument concret pour améliorer la employabilité par l'expérience internationale. Les autorités et les opérateurs de l'emploi devront veiller à transformer ces stages en véritables passerelles vers l'emploi local, en renforçant l'accompagnement et la reconnaissance des compétences acquises à l'étranger.