Un soutien monétaire temporaire, mais l’emploi demeure l’objectif
La perte d’un travail ne se réduit pas à une disparition de revenus : elle plonge des foyers dans l’incertitude et freine les projets professionnels. À Hué, les services publics de l’emploi s’efforcent de conjuguer deux réponses : versements d’allocations et accompagnement vers la réinsertion. Les témoignages recueillis montrent que, pour beaucoup, l’indemnité est une bouée de survie plutôt qu’une solution définitive.
Des chiffres concrets : combien touchent les demandeurs ?
Sur les six premiers mois de 2026, le Centre des services d’emploi de la ville a enregistré un volume significatif de demandes et de versements. Les données officielles :
- 4 275 personnes ont demandé des allocations de chômage ;
- 3 548 d’entre elles ont reçu une décision positive ;
- Le montant total versé s’élève à près de 79,55 milliards de VND.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Demandes | 4 275 |
| Décisions accordant allocation | 3 548 |
| Montant total versé | 79,55 milliards VND |
Des parcours individuels qui parlent du système
Deux récits illustrent la réalité derrière ces chiffres. Un ancien salarié explique qu’après 15 ans de cotisations et un salaire d’environ 7 millions VND mensuels, il a perçu 4,2 millions VND par mois pendant 12 mois, ce qui a allégé la pression financière familiale. Mais il insiste : retrouver un poste stable reste la préoccupation principale.
«Les allocations ont permis à ma famille d’alléger la pression financière… ce qui m’inquiète le plus, c’est de trouver un nouvel emploi stable»
Autre trajectoire : une travailleuse du textile a utilisé l’allocation comme un relais pour suivre une formation en agroalimentaire, choix pensé pour améliorer ses chances sur le marché du travail à long terme. Ce basculement de l’indemnisation vers la formation témoigne d’une logique de transition professionnelle et non d’un simple filet de sécurité.
Au-delà des allocations : orientation, placement et mobilité
Le Centre ne se limite pas au versement d’aides. Il propose des services de conseil, oriente vers des formations professionnelles et gère la sélection pour des opportunités à l’étranger, comme le programme EPS pour la Corée du Sud. Il développe aussi des offres adaptées aux travailleurs âgés, notamment via des services d’aide à domicile.
Ce que cela change pour les travailleurs et les employeurs
Concrètement, l’existence d’un dispositif combinant indemnisation et formation permet :
- de stabiliser le niveau de consommation des ménages et d’éviter des ruptures sociales immédiates ;
- de réduire le risque de déclassement professionnel grâce à des qualifications nouvelles ;
- pour les employeurs, d’accéder à une main-d’œuvre requalifiée, potentiellement mieux adaptée aux besoins locaux.
Reste la question de l’équilibre : combien de temps peut durer l’indemnisation sans freiner l’incitation au retour à l’emploi ? Et quel niveau de formation ou d’accompagnement garantit réellement la réinsertion durable ? Les expériences locales, comme celle de Hué, fournissent des éléments de réponse mais appellent aussi à des comparaisons et évaluations approfondies.
Pour les salariés, l’enjeu est clair : l’allocation est utile, mais la sortie durable du chômage passe par l’accès à des parcours de formation et à des services de placement efficaces. Pour les décideurs, l’enseignement est le suivant : un filet social doit être conçu comme une passerelle vers l’emploi, et non comme une fin en soi.